CHÔMAGE
Malgré la nécessité d’améliorer l’accessibilité à l’assurance-chômage en ce début de crise économique, le gouvernement conservateur et ses alliés libéraux se contentent de nous jeter de la poudre aux yeux.
Formation et prolongation des prestations
Premièrement, ils annoncent l’ajout de 1,5 milliard de dollars sur deux ans dans la formation de la main-d’œuvre, un champ de compétence provinciale, alors qu’ils coupent dans les transferts aux provinces affectant ainsi les budgets voués à l’éducation. Vous conviendrez qu’en période de crise économique, le réel problème des personnes en chômage est la pénurie d’emplois. Ce n’est pas le manque de formation qui les empêche de travailler.
L’autre annonce du gouvernement de coalition libéro-conservatrice prétend prolonger de cinq semaines la période de prestations de tous les prestataires pour les deux prochaines années. Le contenu de ce cadeau de dernière minute est bien moins généreux que ne le laissait croire son bel emballage. Dans les faits, l’expression « tous les prestataires » se traduit concrètement par « moins de 10 % des chômeurs et chômeuses ». Légère différence, direz-vous !
Premièrement, plusieurs régions du Canada bénéficient déjà de cette bonification de cinq semaines, via un projet pilote mis en place il y a plus de trois ans par les libéraux de Paul Martin. C’est le cas de l’ensemble des Estriens, excepté les gens de la région économique de Sherbrooke. Les bénéficiaires actuels du projet pilote ne seront donc pas touchés par l’annonce faite le 27 janvier dernier. Dans ses derniers rapports de contrôle et d’évaluation, la Commission de l’assurance-emploi affirme que moins de 30 % des prestataires épuisent le nombre de semaines de prestations qui leur seraient payables. De plus, rappelons-nous que le régime d’assurance-chômage exclut plus de la moitié des chômeurs et chômeuses de leur droit aux prestations. Au bout du compte, ou du décompte, nous évaluons qu’environ 8 % des victimes du chômage pourraient éventuellement bénéficier de ces quelques nouvelles semaines de prestations.
Encore loin du minimum de 35 semaines
De ce petit nombre d’élu-e-s, les prestataires sherbrookois pourraient y être. En effet, l’analyse en profondeur du projet de loi d’exécution du budget 2009 (C-10) nous permet de conclure que des prestataires d’ici pourront éviter ou retarder le trou noir dans lequel ils ou elles doivent plonger année après année.
La bonification de cinq semaines sera accordée aux gens dont la période de prestations ne sera pas terminée au moment de l’entrée en vigueur de la loi C-10. Cette loi devrait être rapidement sanctionnée par le Parlement. Par exemple, un prestataire saisonnier qui aurait établi une période d’assurance-chômage en septembre 2008, lui donnant droit à 20 semaines de prestations, verrait son droit bonifié à 25 semaines. Cette bonification lui permettrait de se rapprocher du début de sa nouvelle saison de travail. Rappelons qu’une de nos principales revendications demande que tous les prestataires puissent toucher, si nécessaire, un minimum de 35 semaines de prestations de chômage. Nous en sommes encore loin…
