PORTRAIT : Radical de gauche

2 décembre 2025
Crédit image : Asclepias

Être de gauche signifie vouloir réduire les inégalités, renforcer la justice sociale et donner davantage de pouvoir à celles et ceux qui en ont le moins. C’est une famille politique qui valorise les services publics, la solidarité et la participation citoyenne. Certains de ses membres vont plus loin et cherchent à agir directement sur les causes profondes des injustices afin de transformer les choses à la racine. Dans une récente réflexion publiée sur les réseaux sociaux, l’ancien député Amir Khadir esquisse ce que signifie être un radical de gauche. C’est ce portrait que je vous présente.

Ce militant se distingue d’abord par sa conception du pouvoir. Il accorde une importance centrale à la participation continue des citoyens et à la délibération concertée. Cette confiance dans l’intelligence collective constitue le cœur de son approche.

Il se méfie des modèles politiques où une seule personne concentre l’essentiel de l’autorité. À ses yeux, cette vision du chef unique appartient à un âge ancien où le pouvoir devait être vertical et incontesté. Pourtant, cette logique demeure bien présente dans nos démocraties modernes. Donald Trump en offre une version spectaculaire, mais il n’est qu’un exemple parmi d’autres d’une tendance ancrée dans nos institutions. Une telle concentration du pouvoir facilite les dérives et ouvre la porte à la capture des États par des acteurs économiques très puissants. Les grandes entreprises technologiques en donnent une illustration frappante par leur capacité à influencer la fiscalité, la règlementation numérique ou même certaines décisions diplomatiques. Ils en viennent à avoir plus de pouvoir que l’ensemble de la population.

Ce qui distingue surtout le radical est sa manière d’aborder les problèmes sociaux. Plutôt que de s’arrêter aux symptômes, il remonte aux causes profondes. Il parle ouvertement de rapports de force, de classes sociales, de propriété et de pouvoir économique. Il refuse de taire le rôle du capitalisme dans la reproduction des inégalités, de la précarité et de la destruction environnementale. Ce refus peut sembler obstiné, mais il s’agit d’une fidélité à un principe simple et largement admis en sciences sociales : un problème mal défini ne peut être résolu.

La gauche vit depuis longtemps une tension entre ceux qui cherchent des gains rapides dans le cadre existant et ceux qui visent des changements plus durables. Le radical appartient à cette seconde tradition. Il connait les contraintes du système actuel et sait qu’un gouvernement doit composer avec les budgets, les pressions économiques et les risques de délocalisation. Mais il refuse de considérer ces limites comme une fatalité.

Son enjeu n’est pas d’éliminer tout compromis, mais d’éviter ceux qui, sous prétexte de réalisme, mèneraient à l’abandon des objectifs fondamentaux de justice sociale, d’égalité et de démocratie économique. Sa vision dépasse les cycles électoraux. Pour lui, transformer la société ne consiste pas à mieux administrer l’existant, mais à donner un véritable pouvoir à la population sur ce qui influence sa vie quotidienne. Il croit que ceux qui font vivre la société doivent aussi participer à la diriger.

Au fond, le radical de gauche est celui qui refuse de maquiller les rapports de force. Il reconnait les forces qui limitent ou freinent la capacité d’un mouvement ou d’un gouvernement à transformer réellement la société, mais ne s’y résigne pas. Sa radicalité est une manière de répondre au réel sans s’y plier. Elle rappelle qu’on ne corrige pas une injustice en la contournant et qu’un changement véritable exige parfois d’aller à contrecourant, même lorsque tout pousse à faire l’inverse. 

 

 

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