Ratrappage soudain

1 août 2006
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Le sport

« Depuis les années soixante, nous avons pris un retard considérable en matière de sport à Sherbrooke. Mais, depuis cinq ans, nous n’avons jamais investi autant dans le sport que cette année », souligne Marc Denault, président du Comité du sport et du plein air.

À fixer le regard uniquement sur le projet du nouveau centre multisports, qui se réalisera en partenariat public-privé avec le Groupe Axor, les besoins périphériques du milieu sportif sont facilement discrédités. Pourtant, les intervenants de ce secteur affirment qu’ils doivent défendre leurs intérêts comme tous les autres au conseil municipal, puisque les organismes sportifs sont aussi en manque de ressources. Surtout depuis la fusion, les gens doivent s’ajuster à l’utili­sation des mêmes services par plus de personnes. André Cabana, directeur du Club de soccer Les Verts de Sherbrooke, ajoute : « C’est sûr que le centre multisports va combler certains de nos besoins en termes d’in­frastructures, mais il y a d’autres besoins financiers auxquels l’administration municipale ne répond pas ».

Une priorité qui s’explique

« La pression est énorme pour le sport », avoue Marc Denault qui reçoit des demandes de tous les regroupements sportifs de Sherbrooke. C’est le cas, entre autres, pour l’entretien des infrastructures sportives des écoles privées situées au centre-ville ainsi que pour les terrains de soccer extérieurs et synthé­tiques pour les ligues de jeunes et d’adultes.

Au-delà de cette pression populaire, l’Ouverture politique au provincial a favorisé la récente valorisation du sport à Sherbrooke. Dernièrement, le ministre des Finances, Michel Audet, a accordé plusieurs mil­lions dans son budget 2006 pour les infrastructures sporti­ves au municipal. C’est donc dans ce contexte que l’on doit situer la création du centre multisports, qui selon M. Denault, est « une occasion d’investissements qu’il faut saisir pour maximiser la tenue d’événements mobilisateurs à Sherbrooke ».

Il s’ensuit, pour le Comité du sport et du plein air, que l’aug­mentation des événements sportifs signale une amélio­ration quant au dévelop­pement économique de la ville. Alors qu’un événement doit entraîné une occupation de 50 unités (chambres d’hô­tels, résidences, etc.) pour avoir un impact économique positif à Sherbrooke, il explique que les activités sportives comptent pour 88 % de ces événements jugés « rentables ».

En terminant, M. Denault rappelle que le domaine du sport doit s’occuper avant tout de la santé des citoyennes et citoyens. « Il faut que les gens bougent ! », affirme-t-il. « Les élu-es municipaux ont donc la responsabilité de veiller sur cet aspect du bien-être de la popu­lation lors de leurs décisions au conseil ».

Peu de dialogue

Compte tenu de la croissance des besoins en matière de sport, une des priorités du comité est le développement des partenariats avec les autres institutions de la ville. D’une part, l’implication de l’Univ­ersité de Sherbrooke permet de repositionner la ville sur le plan sportif ; d’autre part, il s’agit d’associations avec les écoles afin d’utiliser leurs terrains au cours de l’été pour desservir les regroupements locaux.

Mais encore, des lacunes res­tent à souligner en cette période cruciale d’évaluation du déve­loppement des infrastructures sportives. Selon André Cabana, la communication entre les organismes sportifs et la Ville devrait être améliorée pour in­nover davantage en matière de sport. « La Ville ne nous con­sulte pas, on nous informe une fois que tout est décidé, mais c’est tout ! » Au nom de plu­sieurs regroupements, il exprime ses déceptions quant à leur exclusion du. processus décisionnel municipal. À son avis, « il en faut plus pour le sport », non seulement en ter­mes de ressources, mais aussi en termes de dialogue et de concertation.

 

 

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