What’s next ?
Voilà c’est fait. Bush est réélu. Celui que nous tous avons appris à haïr franchement, à mépriser passionnément. Nous l’avons vu dans le film de Moore et nous nous disions qu’il allait manger une sacrée raclée. N’avait-il pas l’air d’un taré fini ? On savait, parles dires de ses conseillers à la retraite (Clarke, O’Neil), que Bush était loin d’être un leader efficace. Il était décrit comme un touriste inculte de la politique, un illettré et un gaffeur. Il n’était pas à son meilleur au moment même des attaques du 11 septembre. Il a parlé de croisade pour décrire sa guerre au terrorisme. Il a commis les troupes américaines dans une campagne qui sera difficile et longue. Il a tenté de manipuler et s’est fait prendre à dire des mensonges. Vraiment, Bush ne pouvait pas gagner celle-là.…
Eh bien oui, voilà, Bush s’en tire encore : Wbat’s next ? Well, les desseins de Cheney, Wolfowitz et Bush Père sont relativement clairs : s’introduire au cœur du Moyen-Orient pour pouvoir jouer un peu dans la cour de la Syrie et de l’Iran, pour surveiller l’Arabie Saoudite et pour, qui sait, revoir le cas israélo-palestinien et enfin, pour y contrôler le pétrole (qui commence à être dispendieux et qui n’est pas en abondance pour l’éternité). L’Afghanistan n’est évidemment pas une possession à déprécier non plus même si son prix ne fut pas élevé. Carrefour de l’Asie centrale, elle a jadis joué le rôle de garde-fou de l’expansion soviétique et, fait notable, elle partage une frontière avec la Chine.
Même si ces derniers, Russie et Chine, ont aussi exploité le terrorisme, l’un pour faire tanguer l’État vers le dirigisme et pour légitimer une guerre en Tchétchénie qui s’éternise, l’autre pour réprimer ses minorités religieuses ou ses régions plus autonomistes (ou les deux), ce sont les États-Unis qui ont su le mieux exploiter la nouvelle menace. Grâce au terrorisme, l’administration Bush a pu transformer des ennemis somme toute mineurs (Ben Laden, Hussein) en véritables épouvantails quelle agitait pour réaliser des objectifs géopolitiques qui, eux, étaient majeurs. Ces développements cruciaux en politique étrangère ont été abordés presqu’exclusivement à travers l’Irak. Sur ce point, les deux candidats disaient pratiquement la même chose. Kerry parlait de sortir d’Irak, Bush voulait continuer de se battre. Probablement que ces stratégies quelque peu différentes ont su en convaincre quelques uns. Peut-être que les débats (que Kerry aurait gagnés) ont eu un certain impact sur quelques électeurs indécis mais ceux-ci restent marginaux. Au pays de l’abstention, le non-votant doit nous intéresser autant que le votant. Pour les rejoindre, les conseillers de Bush ont favorisé et suggéré à quelques États d’inclure sur le bulletin de vote de plus d’une douzaine d’entre eux, un référendum sur le mariage gai. La cause était certaine de mobiliser beaucoup plus d’électeurs conservateurs sensibles à cet enjeu. Du côté de Kerry, les jeunes ont boudé les urnes, les femmes lui ont parfois tourné le dos, les autres trouvaient, en somme, qu’il disait un peu n’importe quoi et son contraire… Voilà donc, Bush encore pour quatre ans, ce qui en fera huit. Huit années pour continuer de dilapider, aux profits des nantis, un équilibre budgétaire forgé par Clinton et Gore. Encore quatre ans à compter les morts en Irak pour une énergie dépassée à bien des plans et quatre ans de plus à notre supplice devant cette attaque multilatérale aux valeurs de paix, de partage et de droit.




