Coopérative latino-américaine
Déracinées de leur terre natale, les femmes latino-américaines immigrées au Québec n’ont pas pour autant perdu la soif de faire vibrer leurs origines, comme en témoigne leur volonté de faire vivre la culture latino-américaine en Estrie. Se défendant bien de vouloir créer un ghetto culturel, ces dernières ont pourtant cherché à se réaliser au Québec tout en conservant leur héritage culturel. Pour ce faire, elles se sont dotées d’un outil : l’Association des femmes de l’Amérique latine.
Mise sur pied en 1995, l’Association des femmes de l’Amérique Latine (AFAL) est le fruit du rêve de six femmes latino-américaines qui désiraient créer un lieu de rencontre et de partage pour les immigrantes hispaniques. Son objectif général est de regrouper les femmes latino-américaines et de favoriser leur insertion dans la société d’accueil, en tenant compte des particularités culturelles de chacune et de promouvoir la culture latino-américaine.
Après cinq années…
Cinq ans après sa fondation, cette association compte une quarantaine de membres, qui organisent des activités culturelles et sociales. Peu à peu, l’Association tend à élargir ses horizons. Récemment, de concert avec d’autres organismes tels Caritas et le Centre missionnaire Marianhill, ses membres se sont mobilisées pour effectuer une campagne d’aide d’urgence aux personnes sinistrées de l’ouragan Mitch, qui a ravagé principalement le Honduras.
Sandra Molina, membre de cette association, tient à souligner à cet égard qu’il n’est pas facile, pour une si petite organisation, de réagir rapidement, mais que « les femmes ont fait le maximum possible et qu’elles ont eu une belle réponse de la population estrienne ».
Coopérative 100 % latino
Face au constat que l’intégration et l’insertion dans la société d’accueil passe par l’accès à l’emploi, une coopérative de travailleuses, toutes d’origine latino-américaine, prendra naissance dans quelques semaines. Sandra Molina explique avec enthousiasme le projet : « la création d’un lieu de rencontre informelle où l’on retrouverait une ambiance 100 % latino-américaine ». C’est le 7 mai prochain, à l’occasion de la fête des Mères, qu’un café ouvrira ses portes au Centre-Ville de Sherbrooke, concept entièrement latino où vous retrouverez : cafés d’origine, service en espagnol (bien que disponible en français), musique, amuse-gueules, vêtements et décors typiques, revues et journaux espagnols à consulter ou à acheter, et même, de temps à autre, des lancements de livres. La mise sur pied de cette coopérative permettra à trois ou quatre femmes d’accéder à un emploi et de sensibiliser la population estrienne aux différentes réalités sociales et culturelles des pays formant l’Amérique latine. Et comme le rappelle Sandra Molina, « l’Amérique latine, ce n’est pas uniquement le soleil et les plages; c’est surtout un univers culturel haut en couleur et en découvertes potentielles pour nous, Nordiques, qui partageons les mêmes souches latines ».



