Familles monoparentales
Le portrait familial de Sherbrooke continue d’être marqué par la présence importante de familles monoparentales, dont le taux est le plus élevé au Canada. Ce record national a souvent semblé loin des préoccupations municipales. Mais en 2004, nous avons assisté à la création d’une Politique familiale. En vue d’un plan d’action qui est maintenant développé au sein du nouveau Comité consultatif de la famille, quelques intervenants en la matière nous ont donné leur avis quant aux démarches à entreprendre.
En 2000, on comptait 16,6 % de familles monoparentales au Québec, comparativement à 21,3 % pour Sherbrooke. Aujourd’hui, c’est 29 96 des familles du milieu qui sont monoparentales, pour un total de 6 430 familles. De plus, c’est environ 77 % des familles monoparentales qui ont à la tête un parent de sexe féminin.
Une pauvreté à visage féminin
Cette hausse est d’autant plus inquiétante lorsqu’on considère les problèmes de pauvreté vécus par la. majorité de ces familles. Alors, qu’en Estrie, le revenu moyen pour une famille biparentale s’établit à 56 776 $ ; il se situe seulement à 33 989 $ pour une famille monoparentale. A Sherbrooke, la situation est pire pour les mères monoparentales qui ont un revenu moyen de 31 372 5, comparativement à 41 4 $21 chez les familles dont le parent unique est de sexe masculin.
À cet effet, le Réseau d’appui aux familles monoparentales et recomposées de l’Estrie souligne : « Qu’en grande partie, les familles monoparentales ne sont pas nécessairement des familles dont le revenu est coupé de moitié, mais plutôt des familles sur les programmes de la sécurité du revenu. Les emplois de jour se font rares et les parents ont de la difficulté à faire garder leurs enfants le soir. En bout de ligne, les parents n’ont pas d’emploi malgré leurs efforts ».
Malgré l’alarme lancée il y a six ans, c’est seulement depuis le mois de janvier 2006 que le Comité consultatif de la famille a été crée pour actualiser la Politique familiale de la ville de Sherbrooke. Alors que la Politique ne porte aucune mention concernant les familles monoparentales en particulier, la ville s’engage tout de même à « tenir compte des caractéristiques socioéconomiques des familles dans le développement et l’aménagement du territoire ». À cela s’ajoutent des engagements pour améliorer la sécurité, favoriser l’accessibilité à des services de transport en commun, aux logements de qualité abordables, à des loisirs équitables ainsi qu’à des activités et infrastructures communautaires, culturelles et sportives (Politique familiale p. 19).
Pour ce faire, le président du comité, Bernard Sévigny, affirme que « la ville tente présentement d’obtenir des fonds gouvernementaux et d’établir des partenariats avec les CLSC, par exemple, pour réaliser une vingtaine de projets concrets dans le cadre d’un échéancier qui sera finalisé en septembre ». En ce qui concerne les besoins spécifiques des familles monoparentales, « ce sera au Réseau d’appui aux familles monoparentales et recomposées de l’Estrie d’éclairer les autres membres du Comité consultatif de la famille lors de l’élaboration du plan d’action ».




