CRAINDRE, c’est s’empêcher de vivre et ne pas vivre, c’est mourir un peu. Chantal Lepage l’a compris. En fondant Onna no Dojo, « école de karaté pour femmes », il y a deux ans, Chantal Lepage s’est donné comme mandat de permettre à des centaines de personnes de sortir dans la rue sans craindre le pire. Et dorénavant, elles peuvent vivre au lieu de survivre.

Onna no Dojo est la première école de karaté pour femmes au Québec et Mme Lepage en est fière : « Cela faisait long­temps que ça me travaillait, admet-elle. Lorsque je regar­dais le bulletin de nouvelles de 22 h en constatant qu’autant de femmes se faisaient violer ou violenter, je me disais qu’un jour viendrait où je ferais ma part pour les aider. » Chantal Lepage connaît les arts mar­tiaux depuis une dizaine d’an­nées. Elle détient son bagage de l’Université de Sherbrooke’ ainsi que de son amoureux, professeur de karaté pour hommes.

Mme Lepage reçut sa pre­mière élève à l’époque de l’af­faire Julie Boisvenue. C’était la fille d’une voisine, malheureu­sement agressée par un hom­me. « Je lui ai offert de suivre des cours de karaté chez moi, explique-t-elle, et elle a ac­cepté de venir avec. une amie. » Confiante des vertus des arts martiaux, Mme Lepage a frappé à la porte du Centre d’aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel (CALACS) pour offrir ses services. Dorénavant, un par­tenariat solide s’est installé entre eux en plus de celui avec la Régie régionale, l’IVAC, le Col lège du Sacré-Coeur et d’autres organismes.

Chapeautée par quelques grands maîtres japonais, Chan­tal Lepage offre des cours de douze semaines qui portent fruit. Des confidences telles : « Je peux maintenant sortir de chez moi pour faire mes courses » ou « Maintenant, je vois plus clair, j’ai davantage confiance en moi » ne sont pas rares. « C’est un grand pas en avant pour ces femmes abu­sées, ajoute-t-elle. Elles ont déjà une personnalité forte pour s’en sortir et c’est vrai­ment étonnant de les voir progresser. »

Mme Lepage effectue de la prévention à l’école secondaire du Sacré-Coeur et dans certai­nes classes d’éducation physi­que. Elle offre aussi des confé­rences un peu partout, mais elle veut plus : rentrer dans les écoles et faire du karaté un art obligatoire. « Cela devrait être aussi important que parler, écrire et compter, est-elle persuadée. »Quoi qu’il en soit, Onna no Dojo représente une belle occasion pour les femmes de se sentir en sécurité. Avis à la gent féminine résolue à apprendre à se défendre !

École de karaté et d’auto­défense pour femmes ONNA NO DOJO

Tél. : 564-2141

 

 

 

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