Spécial élections

25 novembre 2000

ÉDITORIAL

Élections

Ou l’art de se défiler

Bon, encore en campagne électorale. L’équipe d’Entrée Libre a décidé de ne pas prendre position pour un parti quelconque. Cependant, loin de nous l’idée de ne pas prendre des positions politiques, bien au contraire. Nous vous invitons donc à partager certains questionnements sur la base de ce que nous pourrions appeler « l’éthique politique », et ce, tant pour nos élu-e-s que pour nous, électeurs et électrices…

Et une fois élu…

Débutons par quelques questions touchant certaines réalités actuelles de la « vie politique » en lien avec le désintéressement d’une large part de la population face à la politique en général. Ne serait-il pas temps d’effectuer des changements importants dans notre type de représentation; particulièrement par l’implantation du « scrutin à la proportionnelle » ?** D’autre part, quand un-e député-e veut changer d’allégeance politique en cours de mandat, pourquoi n’y aurait-il pas obligatoirement de nouvelle élection dans le comté concerné ? Pourquoi ne serait-il pas obligatoire que chaque candidat-e soit choisie par l’assemblée d’investiture du parti dans la circonscription concernée ? Pourquoi ne permet-on pas aux électeurs et électrices de révoquer son-sa député dans la mesure ou un pourcentage X de ces personnes le demandent ? Pourquoi… ? Et vous, lecteurs et lectrices, quelles seraient vos suggestions ? ? ?

Et nous, comme responsables…

Mais si nous sommes d’accord pour améliorer davantage les « mœurs politiques et électorales » en termes de pro­cessus et de représentation, nous évaluons que l’ensemble des citoyens et citoyennes ont aussi leur part de responsabilité dans l’état actuel de la situation.

À cet égard, plusieurs questions peuvent être soulevées en rapport à notre responsabilité individuelle et collective. Mis à part la période électorale, quelles énergies mettons-nous pour nous « occuper » de la politique ? Quand une décision politique ne fait pas notre bonheur, prenons-nous le temps de la faire savoir à notre député ou au ministre concerné ? Nous mobilisons-nous collectivement pour faire changer la situation ? Si nous trouvons que les partis politiques existants sont « tous pareils », que faisons-nous pour en bâtir un à notre image ? Étant donné que plusieurs aspects, de notre vie en communauté découlent d’orien­tations et de décisions politiques, en parlons-nous « sérieu­sement » avec nos enfants et nos proches ? À part voter, quel geste politique avons-nous posé depuis un an ?

Coupables ou responsables ? ? ?

Pour nous, il semble évident que les facteurs responsables du désintéressement et du désabusement actuels face à la politique sont partagés à travers l’ensemble des citoyens et citoyennes de la « cité ». On peut toujours rejeter la faute sur d’autres (surtout sur la gent politique elle-même), ce qui est la solution la plus facile… Pour sortir de cet état, nous faisons donc appel à l’ensemble de la population pour que celle-ci s’occupe activement de la politique parce que, comme dirait l’autre « de toute façon la politique s’occupe de nous ». Et, en passant, la politique ne se limite surtout pas aux campagnes électorales. Cependant, ne banalisons pas cet espace démocratique gagné de haute lutte, bien au contraire, servons-nous-en ! ! ! Alors, à nous de jouer.

**Scrutin à la proportionnelle : les partis politiques sont représentés au Parlement en proportion du nombre de voix exprimées dans la mesure où ils atteignent le minimum fixé (ex. : 5 %)