Sur l’île d’Haïti

30 janvier 1999

Perspectives intéressantes

En Haïti, on parle depuis longtemps de développement. Toutefois, la faiblesse des pouvoirs publics est encore un frein à un véritable envol du pays. Le pays est depuis plusieurs mois sans premier ministre qui, dans la constitution haï­tienne, est le seul à réellement détenir le pouvoir de faire bouger les choses. Mais il ne faut pas se cacher également les nombreuses tentatives vouées plus ou moins à l’échec de l’aide internationale proprement dite.

Beaucoup d’argent a été investi dans des projets qui n’ont pas tenu compte de l’autonomie des popula­tions. Et le vieil adage : « montrer à pêcher plutôt que donner du poisson » prend ici tout son sens, quand on sait que le peuple haïtien a besoin d’être avant tout formé pour prendre sa destinée en main. Depuis peu, le Carrefour de solida­rité internationale de Sher­brooke (C. S.1_) s’est associé à la coopérative d’Anse d’Hainault-Mont-Carmel (CAM) pour la réalisation de projets touchant l’éle­vage porcin, l’agriculture et les pêcheries.

À l’Anse d’Hainault

Anse d’Hainault est une commune de la région de la Grande Anse située à l’ex­trémité sud-ouest de l’île et disons-le, d’un accès plutôt difficile, 15 heures de route pour effectuer les 340 km la séparant de Port-au-Prince ! Malgré son isolement, cette région côtière étant entourée de montagnes, Anse d’Hai­nault et les communes avoisinantes ont un potentiel intéressant au niveau de l’agriculture et des pêcheries qui ne demandent qu’à se développer.

Formée d’Haïtiens et de Denis Lefebvre, Frère de Saint-Gabriel, la CAM œuvre depuis plusieurs années auprès de la popu­lation locale. Cette nouvelle collaboration avec le C.S.I., qui préconise une approche formatrice et communau­taire, ouvrira peut-être les portes à un modèle intéres­sant de développement dans cette région de près de 80 000 habitants. À ce jour, un magasin de pêche, un appui pour l’alphabétisation des femmes et un moulin à maïs ont concrétisé les premières ententes.

L’avenir, quant à lui, pour­rait donner jour à un pro­gramme d’appui de trois ans sur le renforcement institu­tionnel de la CAM et des dix autres coopératives de la ré­gion, la formation en ges­tion, en techniques agrico­les et de pêches, en transfor­mation des aliments, en micro crédit et autres. Une histoire à suivre sans nul doute et qui, espérons-le, portera ses fruits.

Donner du poisson,
enseigner à pécher,
mais surtout
reconquérir la rivière !

Anonyme d’Amérique latine

 

 

 

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