Perspectives intéressantes
En Haïti, on parle depuis longtemps de développement. Toutefois, la faiblesse des pouvoirs publics est encore un frein à un véritable envol du pays. Le pays est depuis plusieurs mois sans premier ministre qui, dans la constitution haïtienne, est le seul à réellement détenir le pouvoir de faire bouger les choses. Mais il ne faut pas se cacher également les nombreuses tentatives vouées plus ou moins à l’échec de l’aide internationale proprement dite.
Beaucoup d’argent a été investi dans des projets qui n’ont pas tenu compte de l’autonomie des populations. Et le vieil adage : « montrer à pêcher plutôt que donner du poisson » prend ici tout son sens, quand on sait que le peuple haïtien a besoin d’être avant tout formé pour prendre sa destinée en main. Depuis peu, le Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke (C. S.1_) s’est associé à la coopérative d’Anse d’Hainault-Mont-Carmel (CAM) pour la réalisation de projets touchant l’élevage porcin, l’agriculture et les pêcheries.
À l’Anse d’Hainault
Anse d’Hainault est une commune de la région de la Grande Anse située à l’extrémité sud-ouest de l’île et disons-le, d’un accès plutôt difficile, 15 heures de route pour effectuer les 340 km la séparant de Port-au-Prince ! Malgré son isolement, cette région côtière étant entourée de montagnes, Anse d’Hainault et les communes avoisinantes ont un potentiel intéressant au niveau de l’agriculture et des pêcheries qui ne demandent qu’à se développer.
Formée d’Haïtiens et de Denis Lefebvre, Frère de Saint-Gabriel, la CAM œuvre depuis plusieurs années auprès de la population locale. Cette nouvelle collaboration avec le C.S.I., qui préconise une approche formatrice et communautaire, ouvrira peut-être les portes à un modèle intéressant de développement dans cette région de près de 80 000 habitants. À ce jour, un magasin de pêche, un appui pour l’alphabétisation des femmes et un moulin à maïs ont concrétisé les premières ententes.
L’avenir, quant à lui, pourrait donner jour à un programme d’appui de trois ans sur le renforcement institutionnel de la CAM et des dix autres coopératives de la région, la formation en gestion, en techniques agricoles et de pêches, en transformation des aliments, en micro crédit et autres. Une histoire à suivre sans nul doute et qui, espérons-le, portera ses fruits.
Donner du poisson,
enseigner à pécher,
mais surtout
reconquérir la rivière !
Anonyme d’Amérique latine



