Tout ce que vous voulez savoir sur les H.L.M. et que…

18 août 1986

Les questions qui suivent se présentent à vous comme une réflexion à « bâton rompu », une manière de penser tout haut sur le problème du loge­ment en général, et particulière­ment sur celui des H.L.M. L’ordre des questions posées n’i­ra pas nécessairement de pair avec leur importance, mais à tout le moins, celles-ci pourront-elles vous situer sur l’évolution des H.L.M., dont dix-sept sont situés sur le territoire sherbrookois.

Saviez-vous que… entre 1971 et 1975 les coûts de construction ont augmenté de 65 % pour les maisons unifamiliales et de 100 % pour les logements unifamiliaux.

Saviez-vous que… là où il y a de la pauvreté, le problème du logement est beaucoup plus aigu que la normale.

Saviez-vous que… il est très important de favoriser la connais­sance mutuelle des locataires d’un même projet pour les aider à mieux percevoir leurs besoins communs, et ainsi, à mieux s’or­ganiser entre eux.

Saviez-vous que… souvent les locataires des H.L.M. sont éloignés des services publics es­sentiels, et que 60 % d’entre eux ne possèdent pas d’auto.

Saviez-vous que… même si le droit à un logement convenable est reconnu chez nous, il est da­vantage considéré comme un symbole de réussite sociale et un bien de consommation : le pro­priétaire passe pour un noble, un type bien, alors que le locataire d’un taudis est perçu comme un indésirable.

Saviez-vous que… 50 % des locataires des H.L.M. auraient aimé être consultés avant la construction de nouveaux H.L.M.

Saviez-vous que… les muni­cipalités se sont prévalues de la loi de la Société d’Hypothèque et de Logement (S.H.Q.) en adop­tant des programmes municipaux d’habitation pour les individus et les familles à faible ou moyen revenu.

Saviez-vous que… des projets électoralement rentables pour les municipalités deviennent sou­vent objets de controverse.

Saviez-vous que… ces controverses sont alimentées par des préjugés comme ceux-ci : « Ce sont des loyers de pauvres », « On veut pas que nos enfants se mê­lent à ceux des H.L.M. » etc.

Il ne faut pas penser que ces problèmes n’existent pas à Sher­brooke. Le fait suivant illustre d’ailleurs à quel point la fausse perception des H.L.M. est pré­sente dans notre milieu. Un jour que des jeannettes vendaient des fleurs de porte à porte au profit de leur mouvement, la responsable du groupe dit à l’une d’elles qui se dirigeait vers le H.L.M. de la rue Dorion : « Ne va pas en vendre là, c’est rempli de monde dange­reux ».

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