Travail, famille, maternité ! ! !

1 février 2003

Santé

Après avoir pris d’assaut le marché du travail au cours de la poussée féministe des années 1980, les Québécoises s’aperçoivent qu’il est parfois difficile de trouver l’équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle. Pour qui désire concilier travail, famille et amour, la pression devient plus forte et avec le temps, pèse davantage sur les épaules des femmes. Ce qu’elles souhaitent, c’est d’ac­quérir des outils pour consolider leur place dans le marché de l’emploi et s’intégrer dans l’univers du travail. Elles sont nombreuses à occuper des postes d’ingénieures, de poli­cières, d’économistes, etc. De plus, elles sont majoritaires dans un grand nombre de facultés universitaires, notamment en médecine où elles constituent 80 % des nouvelles étudiantes à l’Université de Montréal.

La nouvelle génération

Rappelons-nous qu’en 1995, le gouvernement du Parti québécois a envoyé pas moins de 2 000 médecins en retraite anticipée. Soulignons aussi le nombre très limité d’étu­diants et d’étudiantes acceptés en médecine dans les univer­sités du Québec. Cela a eu comme résultat d’accentuer la pénurie de médecins, principalement en région. Par ailleurs, les jeunes médecins s’offusquent des clauses orphelines mises sur pied par ce gouvernement visant à fixer leurs conditions de travail à la baisse. C’est dans ce contexte que nombre de jeunes femmes médecins évoluent et tentent de concilier tant bien que mal le tandem travail-famille. En général, et ce, depuis toujours pourrait-on dire, les méde­cins, qu’ils soient spécialistes ou omnipraticiens, ont assumé de longues heures de travail par semaine, entre 60 et 70 heures, sans compter les jours de garde où il faut être disponible 24 heures sur 24. La situation n’a guère changé.

Conciliation travail-famille

Est-ce parce qu’il y a de plus en plus de femmes à pra­tiquer la médecine qui fait que la nouvelle génération de médecins en a assez d’être constamment sur la corde raide au niveau des horaires de travail, des conditions salariales ou encore des congés parentaux ? Car s’il est un élément qui préoccupe ces jeunes médecins, c’est bien la qualité de leur vie familiale. Comment arriver à concilier un horaire chargé avec une possibilité de vie familiale. Ceux et celles qui fran­chissent le pas réalisent très vite les inégalités selon la branche de médecine choisie et aussi, selon qu’ils soient homme ou femme. Aucun régime de retrait préventif pour les femmes médecins spécialistes n’est offert (par exemple, une technicienne en pathologie jouit de ce régime et non la pathologiste). Considérées comme des travailleuses auto­nomes, ces dernières doivent assumer tous les aspects de leur congé parental à leur frais.

Par an, un omnipraticien gagne 120 000 $; un spécialiste, de 165 000 $ à 180 000 $ et un jeune médecin omnipraticien, avec clauses orphelines et pénalités pour pratiquer dans un grand centre, 67 000 $. Cependant, l’argent n’est pas tout. Pour les personnes désirant avoir des enfants, il est impératif d’y consacrer du temps. La résistance à l’amélioration des conditions et horaires de travail provient du gouvernement et des Fédérations de médecins. Encore là, les femmes ont à se battre pour faire reconnaître leurs droits à la famille, à la maternité et à la rémunération équitable. Risquons-nous de voir cette profession être dévalorisée en maintenant des conditions salariales et de travail à la baisse ? Comment un gouvernement néolibéral acceptera-t-il la nécessité de répondre aux revendications pour un travail laissant la place à la famille ?

 

 

 

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