Centre des arts de la scène Jean-Besré

Au cours de l’automne 2007, le Petit Théâtre de Sherbrooke déménagera ses bureaux administratifs au nouveau Centre des arts de la scène Jean-Besré (CASJB) situé à l’angle des rues Wellington Sud et Aberdeen, au centre-ville de Sherbrooke. Dessiné par la firme d’architectes Saucier + Perrotte, ce nouvel équipement culturel municipal est érigé avec le soutien du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Ce projet verra enfin le jour après plus de vingt ans d’attente. En effet, un premier projet de salle de spectacle, auquel s’était ajouté un volet lieu de produc­tion, avait été présenté par le Théâtre du Sang Neuf (qui est devenu le Petit Théâtre de Sherbrooke) en 1985, dans le cadre du Sommet socio-économique de l’Estrie. S’en est suivi une série d’études de besoins pour la mise en place d’un centre de production et de diffusion pour les compagnies sherbrookoises en arts de la scène. En mars 2003, la Ville de Sherbrooke et la ministre de la Culture de l’époque, Diane Lemieux, annonçaient finale­ment un accord de principe pour concrétiser la participation financière du gouvernement du Québec au projet.

Nous serons plusieurs

Le CASJB sera utilisé par plu­sieurs compagnies professionnel­les de Sherbrooke en théâtre et en danse dont le Petit Théâtre de Sherbrooke, le Théâtre du Double Signe, le Théâtre des Petites Lanternes, Sac à Malice, les compagnies de danse Sursaut et Axile ainsi que la Musiquet­terie. Il permettra aux compa­gnies résidentes de rassembler sous un même toit l’ensemble de leurs fonctions de production. Le Centre comprendra quatre salles de répétitions dont une grande salle de production complète­ment équipée (systèmes de so­norisation et d’éclairages, ha­billage de scène, etc.), une salle de réunion, un atelier de cons­truction de décors, un atelier de confection de costumes de même que plusieurs espaces d’entreposage. De plus, huit compagnies pourront y instal­ler leurs bureaux administratifs. Un nouveau regroupement réunissant les compagnies mem­bres à été constitué et assumera la gestion du lieu. Ce regroupe­ment offrira aussi des services communs à ses membres.

Sans scène, pas de sens

Malheureusement, le Centre Jean-Besré sera un centre des arts de la scène sans scène. Malgré les nombreuses demandes du milieu culturel pour doter la région d’une salle de spectacle intermédiaire de 250 places, le CASJB, dans sa phase initiale, ne possédera pas d’espace d’ac­cueil pour recevoir le public. Cela constitue à nos yeux une en­trave importante pour faire de ce lieu un véritable centre de création en théâtre et en danse.

Avant 1998, la plupart des com­pagnies de théâtre et de danse utilisaient le Théâtre du Parc Jacques-Cartier pour présenter leurs productions au public sherbrookois. Ce théâtre, pro­priété municipale, a longtemps été un pôle majeur pour la créa­tion locale. Malgré ses incon­vénients, le Théâtre du parc Jacques-Cartier avait deux qua­lités importantes : sa capacité d’accueil (200 places) et sa grande disponibilité. Depuis sa disparition à la suite de l’incendie de l’automne 1998, les compagnies se sont tournées vers les autres locaux de diffusion ou en ont investi de nouveaux. Aucun de ces lieux ne répond adéquatement aux besoins spé­cifiques des compagnies sher­brookoises de théâtre et de danse. Les salles de spectacle profes­sionnelles de Sherbrooke sont trop grandes (salle Maurice-O’Bready, Théâtre Granada, Théâtre Centennial, Vieux Clocher). Les autres salles inter­médiaires ne sont pas adéquates ; elles sont situées en milieu sco­laire, sont réservées en priorité pour des activités pédagogiques et ne possèdent pas les attributs d’une salle professionnelle (Salle Alfred-Desrochers, Théâtre Léonard-Saint-Laurent, Studio-théâtre de l’Université Bishop).

Aurons-nous une autre salle ?

Quant au Petit Théâtre de Sher­brooke, la Ville de Sherbrooke a manifesté son intention de fermer la salle qu’il occupe de­puis plus de 10 ans pour en faire des espaces à bureaux. Pourtant, la Ville de Sherbrooke, dans son Plan directeur des équipe­ments culturels adopté par le conseil municipal en septem­bre 2006, reconnaît la problé­matique particulière que pose la diffusion du théâtre de créa­tion et du théâtre jeune public. En décidant de fermer la salle du Petit Théâtre dès l’automne 2007, la Ville accentue le problème de la diffusion de spec­tacles pour la jeunesse.

Pour le Petit Théâtre de Sher­brooke, le besoin d’une salle intermédiaire (250 places) dé­diée à la création en arts de la scène et en particulier en direc­tion du jeune public est plus pressant que jamais. C’est dans cette optique que nous avons déposé, de concert avec les autres compagnies résidentes du CASJB, un projet de salle de spectacle qui serait aménagée dans un bâtiment adjacent au Centre Jean-Besré. Ce projet, appelé Phase 2, a été présenté dans le cadre de l’appel de pro­jets pour le Plan directeur des équipements culturels de la Ville de Sherbrooke au prin­temps 2005.

Il faut que la Ville de Sherbrooke ainsi que le ministère de la Cul­ture et des Communications du Québec et sa direction régionale, s’engagent clairement et rapide­ment à supporter financièrement la réalisation de ce projet de salle intermédiaire liée au CASJB. De plus, en permettant des arrimages multiples avec le public, et notamment avec le pu­blic jeunesse, ce projet de salle fera en sorte que le CASJB par­ticipe à l’essor des disciplines artistiques, inscrive son action au cœur de notre communauté et contribue de façon signi­ficative à la revitalisation de ce secteur du centre-ville.

De son côté, l’équipe du Petit Théâtre de Sherbrooke entend maintenir une programmation de spectacles en direction du public jeunesse à Sherbrooke. Et nous privilégions un rapport intime avec notre public, ce que ne peuvent nous apporter les grandes salles de Sherbrooke.

 

 

 

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