Humant avec respect le baume parfois agréable de la ville, rêvant à je ne sais quelles fantaisies, en cherchant l’illusion d’un gîte paisible.
Les gens, de mon œil scrutateur furent regardés et analysés dans leur air d’aller.
Soucieux, se défile comme une mascarade le peuple de la rue, même les mignons amoureux de leur serment font fi; je ne sais si cela découle du débalancement de la planète ou de n’importe quel cataclysme, mais ce n’est pas des plus rassurant.
L’on serait porté d’en attribuer la cause à ct’e pauvre automne bafoué de tant de maux de création, depuis le commencement. Sur eux-mêmes, les gens se renfrognent; on dirait du masochisme national. Qu’arrive-t-il du plaisir de marcher dans les feuilles, d’un sourire aux lèvres; la pomme rouge à la main !…
Avons-nous par mégarde oublié le grand vent retrousseur de jupons, cet alizé vivifiant, ce bohème transporteur de détritus et de destin ?
Bien sûr, on est affecté par les nouvelles du télé-journal. Une certitude que la réalité affiche ne peut apporter de quiétude; l’on n’y visualise que massacre et mail…
Par grâce, tentez d’oublier tout ça, ne vous souvenez que de tendresse ainsi que du cajolement des mots à saveur de fruits. Faites un X sur la terreur, la malchance des peuples, la laideur si vous le désirez ou en êtes capables !
Ne se consacrant qu’au monde qui nous entoure, n’utilisant que les phrases qui semblent les plus justes, de la sempiternelle ritournelle de l’amour. Que faire de tant d’absurdité sinon d’en laissez couler te jour.
Donc, dès l’aurore, suffit de s’habiller l’âme, sur le réveil et la continuité de l’apprentissage de cette existence.
Magnifique tout de même, si l’on y regarde d’un peu plus près la chose.
Michel Craig (alias snoute) est un poète Sherbrookois qui vit dans le monde, avec le monde. Nous lui avons demandé de faire chanter sa plume pour votre plaisir.



