Développement et Paix

Pendant les cinq prochaines années, Développement et Paix entend faire la promotion du dévelop­pement humain à partir de la problématique des ressources naturelles. Les deux premières années seront consacrées aux mines, les deux suivantes à la terre et la dernière reviendra sur l’eau.

Dans le domaine de l’indus­trie minière, le Canada est un producteur majeur. Il occupe k premier rang au monde pour l’uranium, le zinc et la potasse. Les entreprises cana­diennes particulièrement con­naissent une explosion d’in­vestissements depuis la pré­sente décennie (voir l’article de Claude Lévesque dans Le De­voir, 14 nov. 2006, A 4). Le Canada assure un appui de taille à cette industrie à la fois par des études de marchés, par des agents présents dans une douzaine de villes canadiennes et dans 140 villes aux quatre coins du monde et par le biais de la société d’État EDC (Ex­portation et développement Canada). Celle-ci, en effet, of­fre des services de financement, de subventions et de gestion des risques aux exportateurs et aux investisseurs sur environ 200 marchés étrangers. À titre d’exemple, en 2005, près de 7000 entreprises canadiennes (dont à peu près 90 % sont des PME) ont reçu un appui d’une valeur de 57,5 milliards de dollars.

Responsabilité sociale

Pour 2006-2007, la Campagne de Développement et Paix porte sur la Responsabilité sociale des entreprises minières cana­diennes. Elle s’intéresse précisé­ment au rôle que jouent certai­nes de ces compagnies dans les pays du Sud et aux impacts de leurs exploitations. Tout en reconnaissant que plusieurs industries canadiennes se com­portent de façon responsable, ici ou ailleurs, nous savons que d’autres détruisent l’environ­nement, ne respectent pas les besoins des communautés, violent des droits humains, portent atteinte à la démocratie et contribuent à l’appauvrisse­ment des populations. Com­ment expliquer une telle situa­tion malgré le fait que le Canada ait signé plusieurs conventions et codes de conduite inter­nationaux ?

Diverses raisons peuvent être apportées dont surtout celle du « caractère non contraignant » de ces ententes : leur applica­tion n’étant pas obligatoire, aucune sanction n’est imposée aux compagnies qui bafouent ces normes internationales. Scandaleuse réalité dénoncée en 2005, par un comité de dé­putés fédéraux, dans un rap­port qui a fait réagir le gou­vernement canadien et qui a débouché sur des consultations encore en cours.

Notre action

Pour favoriser le développe­ment humain par la gestion participative, le contrôle démo­cratique et le partage équitable des ressources, Développement et Paix ose comme balises aux décisions et aux actions six principes de base que vous re­trouvez dans le tableau ci-contre.

En s’appuyant sur ces principes, l’action de Développement et Paix demande au gouvernement canadien de :

  1. développer des mécanismes légaux qui obligent les com­pagnies canadiennes à rendre compte de leurs actions à l’étranger ;
  2. refuser d’accorder l’aide du gouvernement canadien aux compagnies minières qui ne res­pectent pas les normes interna­tionales en matière de droits humains et d’environnement1.
    Agissons pour des campagnes minières responsables !

1. Pour les personnes intéressées à participer à la Campagne de cette an­née, il est possible de se procurer des cartes à signer au bureau de DÉVELOPPEMENT ET PAIX ESTRIE, au 187 rue Laurier, local 213, Sherbrooke, tél. : (819) 822-3178, ou par courriel

 


Six principes de base

  1. La terre est sacrée. Toutes les formes de vie sont inter­dépendantes. La diversité et l’équilibre écologiques doivent être protégés.
  2. Les ressources de la Terre doivent être réparties équitablement. Un tel partage favoriserait la paix et permettrait aux géné­rations actuelles et futures d’en bénéficier.
  3. Toute communauté a le droit de participer pleinement aux débats et d’influencer les décisions qui ont un impact sur elle.
  4. Au nom de la solidarité et du bien commun, les décisions prises en faveur d’une communauté ne doivent pas enfreindre les droits des autres communautés.
  5. La valeur des ressources naturelles pour le bien commun a priorité sur toute valeur commerciale.
  6. Lors de l’extraction, la gestion et l’utilisation des ressources naturelles, les droits humains doivent être respectés, spécia­lement ceux des peuples autochtones et des personnes marginalisées à cause de leur condition sociale, leur sexe ou leur race1.

 

 

1. Pour approfondir l’ensemble des questions abordées dans cet article, voir le matériel préparé par DÉVELOPPEMENT ET PAIX. Voir aussi « Les veines ouvertes de l’Afrique », dossier de la revue Relations, n° 713 (déc. 2006), pp. I 0-27.

 

 

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