Une clinique vétérinaire pour les animaux de la rue

10 Décembre 2008

Coalition sherbrookoise pour le travail de rue

C’est par l’initiative de la vétérinaire et professeure au Cégep de Sherbrooke Martine Nadeau qu’est né le projet de Clinique vétérinaire pour les animaux de la rue, en collaboration avec la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. L’objectif principal de ce projet est d’offrir gratuite­ment des soins de base aux animaux des gens en rupture sociale, en situation de précarité, de pauvreté ou d’itinérance.

Un projet qui a du mordant…

Une fois par mois, les étudiants en techniques de santé animale ont l’occasion de mettre en pra­tique leurs apprentissages dans l’environnement concret d’une clinique, se préparant ainsi de façon plus efficace aux stages en milieu privé. Tous ces soins et conseils sont offerts gratuite­ment par les vétérinaires de la technique et Par les étudiants de santé animale. La clientèle ciblée est identifiée par les travailleurs de rue.

La première clinique a eu lieu le 9 septembre et a permis de soi­gner les animaux de 12 per­sonnes. Trois cliniques ont eu lieu depuis. Jusqu’à maintenant, 52 personnes ont pu bénéficier des conseils et des soins qu’ont prodigués les étudiants et les vétérinaires. Le projet obtient beaucoup de succès, preuve qu’il répond à un réel besoin.

… pour soulager une réalité difficile

À Sherbrooke, des phénomènes sociaux tels que la désinstitu­tionnalisation, le désespoir, la désorganisation sociale, la pau­vreté existent. Nombreux sont ceux qui ont un animal, compa­gnon précieux dans l’errance, la solitude et l’isolement. Les personnes touchées par ce pro­jet sont très attachées à leur animal. C’est souvent l’être qu’ils aiment le plus au monde, c’est leur famille, leur compagnon de vie. L’animal ne juge pas et sur­tout donne de l’affection et de la tendresse, des denrées rares quand lei préjuges le dessus sur la solidarité et la compréhension. Les animaux, con­trairement. bien souvent, aux humains, leur donnent un amour inconditionnel, les pro­tègent, leur servent de couver­ture par temps froid.

L’animal ne juge pas et surtout
donne de l’affection et de
la tendresse, des denrées rares
quand les préjugés prennent
le dessus sur la solidarité et la
compréhension.

Malgré les apparences, les per­sonnes en situation de rupture sociale sont des maîtres respon­sables. Souvent, ils traitent mieux leur animal qu’ils ne se traitent eux-mêmes et plusieurs fournissent deux repas par jour à leur animal alors qu’ils n’en auront peut-être pas un seul complet pour eux-mêmes. Malgré tout leur amour et leurs bons soins, il an-ive parfois que les animaux soient malades, les jeunes ayant peu d’argent pour leur offrir des soins médicaux nécessaires. Même les plus élé­mentaires. En plus de ces soins essentiels, il y a un besoin réel d’information pour tout ce qui touche la santé de leur animal. Et certains intervenants de mentionner : Quand on soigne leur animal, on a l’impression d’aider le jeune aussi. Ce beau projet est une main tendue vers des êtres humains exception­nels et leurs animaux. Peut-être recevront-ils l’étincelle qui améliorera leur quotidien.

Pour de plus amples renseigne­ments au sujet de cette initiative : Coalition sher­brookoise pour le travail de rue au 819 822-1736.

Par Gabrielle Chabot Giroux, Pour l’équipe • Coalition pour le travail de rue