Une convention: oui, ça change le monde

15 octobre 1986

Les travailleurs et travail­leuses du secteur public sont présentement en négociation avec le gouvernement du Qué­bec pour en arriver à la signa­ture d’une convention collec­tive. Les 350 000 employé-e-s de l’État, dont 225 000 sont des femmes, vivent depuis 1982 avec des décrets par le parti Québécois.

Qu’en est-il de nos actuelles négociations dans le secteur public ?

Nos demandes syndicales ont été déposées entre juillet et dé­cembre 1985. Le dépôt des propositions patronales, une fois le changement de gouvernement effectué, nous est parvenu le 19 février 1986.

Ainsi donc depuis 8 mois, les échanges se poursuivent aux tables de négociation.

Bilan : À l’exception des en­seignant-e-s du niveau collégial, de nombreuses questions ont été réglées un peu partout aux di­verses tables de négociation mais aucune portant sur les grands enjeux de cette négocia­tion : sécurité d’emploi, change­ments technologiques, aménage­ment du temps de travail, forma­tion, sous-traitance, salaires et autres bénéfices marginaux (ex : assurances, fonds de pension).

Dans un tel contexte, la CSN a préparé une contre-proposition pour relancer les négociations. Cette contre-proposition clarifie nos objectifs et garde l’essentiel de ce que nous recherchons à travers les présentes négocia­tions et elle force le gouverne­ment à réévaluer ses propres positions.

En ce qui concerne plus spéci­fiquement les salaires, rappe­lons-nous, parce qu’il s’agit d’une réalité de fond de cette négociation : la loi 37 nous a retiré le droit de négocier nos salaires pour les 2e et 3e années de la convention, soit pour 1987-1988.

Il est inadmissible que le plus grand groupe de femmes syndi­quées au Québec n’ait pas le droit de négocier librement leur salaire comme tous les autres groupes de travailleuses et tra­vailleurs dans d’autres secteurs syndiqués du Québec et du Ca­nada.

Les porte-parole du gouverne­ment voudraient réduire les em­ployé-e-s du secteur public et les services qu’ils rendent chaque jour à des colonnes de chiffres. Nous ne minimisons pas la situa­tion financière du Québec pas plus que nous ne sous-estimons les besoins de nos membres et de la population.

En conclusion, nous ne contestons pas la nécessité d’un contrôle dans l’accroissement des dépenses publiques et d’une rationalisation dans l’affectation des ressources. Des efforts sont sûrement à faire pour mieux équilibrer ces dépenses et ac­croître l’efficacité du secteur public. Mais ces efforts ne peu­vent reposer uniquement sur des critères de rentabilité budgétaire : ils doivent être d’abord soumis à des critères de rentabilité so­ciale, avec comme objectif l’a­mélioration des services publics, ce qui ne peut être réalisé sans l’implication pleine et entière des salarié-e-s qui dispensent ces services.

Ce que nous contestons, dans le contexte actuel, c’est ce vent de panique entretenu par le mi­lieu des affaires qui présente les dépenses publiques, particulière­ment celles à caractère social, comme un immense gaspillage qu’il faut couper. Comme si, du même coup, on pouvait éliminer la pauvreté et les besoins en matière d’éducation et de santé.

Janvier Cliche, Président du Conseil central de Sherbrooke (C.S.N.)

La F.A.S.-C.S.N. dans la région de l’Estrie

Nombre

  • 4 627 membres dont 70 % de femmes dont 42 % travaillent à temps, partiel

Lieu de travail

  • 81 % dans les centres hospi­taliers
  • 8 % dans les centres d’accueil
  • 6 % dans les C.L.S.C.
  • 5 % an C.S.S.

Occupation

  • 30 % employés-es de métier et de services auxiliaires
  • 22 % préposés–es aux bénéfi­ciaires, assistants-es, techniciens-nes et autres professions paramédicales
  • 19 % employé-es de bureau
  • 14 % infirmiers-ères auxi­liaires
  • 9 % techniciens-nes
  • 4 % infirmiers-ères
  • 1 % professionnels-les

Source : F A.S.-C.S N. Estrie

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