Une entrée qui coûte cher

1 août 2004

Montagne de frais en éducation

La rentrée scolaire s’annonce à peine que déjà le spectre des frais de scolarité se dessine à grands traits. Les médias de la mi-août n’annonçaient rien de réjouissant : hausse des frais chargés aux parents dans les écoles publiques, baisse du montant des bourses accordées aux étudiant-es des niveaux collégial et uni­versitaire et retard marqué dans leur attribution. Et tout cela au pays de Jean Charest où chacun et chacune se doit de « briller parmi les meilleurs ». Rien de plus, rien de moins !

Question de frais scolaires

En théorie, l’école publique québécoise est gratuite. Mais là où le bât blesse, c’est l’augmentation incessante, pour ne pas dire indécente, des frais de toutes sortes. La Loi sur l’instruction publique prévoie que l’élève « a droit à la gratuité des manuels scolaires et du matériel didactique requis pour l’enseignement ». Cependant, ce droit ne s’étend pas aux fournitures scolaires (crayons, gommes à effacer, etc.) tout comme les services autres qu’éducatifs (surveillance du midi, activités parascolaires, etc.). Selon un rapport du Comité sur les frais exigés des parents formé l’an dernier par le ministère de l’Éducation, ces frais ont bondi de 40 % en quatre ans, passant de 100 à 143 millions. Comme la politique d’application de ces frais n’est pas uniforme, les écarts ne font que s’accentuer d’une école à une autre, puisque souvent, aucune limite n’est établie. À cette crise des frais chargés aux parents, s’ajoute celle des inscriptions qui, depuis cinq ans, ont diminué de 5,6 % dans les écoles publiques, alors qu’elles augmentaient de 12 % dans les écoles privées financées jusqu’à 60 % de leur budget par l’État.

Du côté des cégeps et des universités, rien ne va plus. C’est sans hésiter que le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, a aboli 100 millions de bourses pour les transformer en prêts le printemps dernier. Actuellement, l’obtention d’un diplôme de cégep suivi d’un baccalauréat amène l’étudiant-e à s’endetter pour un montant de 21 500 $. Il n’était pas sans ignorer la difficulté qu’éprouvent ces jeunes adultes en général à rembourser leurs dettes scolaires puisque pour l’année 2002-2003, les défauts de paiement des prêts ont grimpé de 32 %. Qu’importe, puisque pour garantir ces prêts, le gouvernement néolibéral de Jean Charest a versé 129 millions aux institutions financières. Ces changements « d’affaires » auront comme effet direct d’augmenter de 60 % la dette étudiante, selon le ministère. Le ministre Reid n’en a que faire puisque, selon lui, les futurs diplômés se classeront facilement dans une échelle salariale de 60 000 $ par année, justifiant ainsi le maintien de classes sociales.

L’éducation, un droit

À la lecture de ces données, force est de reconnaître que le manque de financement gouvernemental dans l’éducation et les hausses de frais scolaires ainsi que l’endettement collégial et universitaire ne font qu’accroître les inégalités sociales et creuser davantage le fossé entre les riches et les pauvres. Même si la loi actuelle permet d’exiger certains frais aux parents, il ne faudrait pas qu’elle permette aux écoles de se financer à même cette dite loi et ainsi soustraire l’État de ses responsabilités.

Pour ENTRÉE LIBRE, l’éducation est un droit universel et son accessibilité doit être garantie à chacun et chacune. Les enfants de familles à faible revenu ont autant droit à une éducation de qualité que ceux des familles riches. C’est pourquoi le réseau scolaire, du primaire au niveau universitaire doit être gratuit et y investir, c’est investir dans la société d’aujourd’hui et de demain. Si ce gouvernement est capable d’accorder 45,5 millions à la multinationale Intrawest pour un projet récréo-touristique au Mont-Tremblant, et de financer à 60 % un réseau d’éducation privé parallèle, on ne voit pas pourquoi, ce même gouvernement, ne pourrait pas investir ces mêmes millions pour améliorer le système d’éducation public !

 

 

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