Mise en garde : dans le cadre du 40e anniversaire du journal Entrée Libre. nous reproduirons des articles qui peuvent dater de plusieurs années. Nous ne pouvons garantir l’exactitude des informations de l’époque. À lire avec les réserves nécessaires. — La Rédaction
1 juin 2006
Danger planétaire
Elle est enfin arrivée au pays ! Sa réputation mythique l’avait précédée : subtile, rebelle, imprévisible, mystérieuse et captivante. Avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur et de son alignement sur la politique guerrière américaine, nous constatons qu’à présent, notre pays est de moins en moins différent de pays tels les États-Unis, l’Angleterre ou l’Autralie. En fait, nous devons beaucoup à notre premier ministre Harper sur cette entrée fracassante. S’il est vrai qu’il arbore une approche inhospitalière face aux journalistes, il se sera montré des plus accueillants pour elle. Nous parlons bien sûr de la menace terroriste…
Un pays de réputation pacifiste
Qu’on se le dise : les temps sont révolus ! L’aura pacifiste entourant le Canada depuis la Seconde Guerre mondiale s’est de plus en plus dissipée clairement. Nous sommes en guerre ! Pendant qu’entrent en catimini les cadavres de nos soldats, les politiques conservatrices en matière de sécurité, de défense et de l’armée se teintent de l’approche guerrière de nos voisins du Sud. Est-ce un hasard si la menace terroriste a fait soudainement son apparition dans notre pays à la suite des arrestations, dernièrement, du groupe de « présumés » terroristes près de Toronto ? Y a-t-il un lien entre l’attitude de plus en plus oppressive du Canada à l’international — particulièrement en Afghanistan — et la « menace oppressive dirigée contre les Canadiens » ?
Que ces arrestations soient orchestrées dans le contexte actuel, il n’y a rien de surprenant. Que ces intentions de violence soient réellement issues d’un mouvement extrémiste, ou qu’elles soient construites afin de justifier des politiques de droite, ce qui est certain, c’est qu’un vent de panique et de méfiance risque d’envahir le pays. Et qu’advenant le cas, le gouvernement Harper risque d’utiliser cette fragilité conjoncturelle afin de poursuivre ses actions répressives. Où s’arrêtera le cycle si l’on s’engage dedans ? Il est logique de croire que d’autres agressions internationales et de la répression locale vont attirer d’autres comportements de violence. C’est la loi du balancier. L’histoire joue ce rôle depuis toujours. Vers où allons-nous ?
Un pays pacifiste
Comme nous le rappelle un récent sondage tenu à l’échelle planétaire, les préoccupations canadiennes comme celles de milliers de personnes à travers le monde, concernent plus la lutte à la pauvreté que la question de la sécurité nationale. C’est par conséquent dans cette sphère qu’un gouvernement responsable doit mener ses efforts, c’est-à-dire, travailler à augmenter la dignité humaine à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières et à combattre la pauvreté. Cette manière nous semble plus facile pour atténuer la violence ici et ailleurs qu’en bombardant un pays ou qu’en construisant et remplissant des prisons dédiées aux terroristes comme par exemple cette prison ontarienne toute juste construite avant les arrestations de juin !
Des Sherbrookois pacifistes !
La différence culturelle mène trop souvent à l’intolérance parce que mal comprise ou méconnue. Dans notre ville, il y a de nombreuses communautés culturelles. Des musulmans, des Maghrébins, des Afghans, nommez-les ! Puis, il y en aura demain aussi. Qui sait ? Vos enfants ou petits-enfants le sont ou le seront peut-être à moitié ou au quart, ou complètement ! Le Collectif d’Entrée Libre est d’avis qu’il est du devoir de chacun et chacune de tendre la main aux membres des communautés culturelles et de combattre avec eux toutes idées extrémistes dans toutes religions ou provenances confondues. Une nation solide et une culture enviable ne se bâtissent pas sur la haine et la méfiance. C’est ce que nous voulons propager à vous, lecteurs et lectrices : une propagande à la tolérance et à la paix. Investissons-nous donc nous-mêmes dans la sécurité nationale ! Bonne paix !





