CHOMAGE
À compter de décembre 2008, les prestataires d’assurance-chômage de la région économique de Sherbrooke bénéficieront de la bonification de la rémunération admissible. Cette bonne nouvelle, en apparence, peut s’avérer très dangereuse dans une région comme Sherbrooke. Il est important de bien saisir les deux côtés de la médaille afin de ne pas tomber dans le piège.
Rémunération admissible
La Loi sur l’assurance-emploi permet à toute personne recevant des prestations régulières de toucher un salaire sans diminuer ses prestations. Cette rémunération admissible est habituellement égale à 50 $ ou à 25 % de notre taux hebdomadaire de prestations. Concrètement, si notre taux de prestations est de 200 $ ou moins, l’assurance-chômage ne tiendra pas compte des premiers 50 S touchés chaque semaine. Si notre taux de prestations est supérieur à 200 $, le seuil de revenus sera fixé à 25 % de celui-ci. La portion de revenus dépassant la rémunération admissible sera coupée des prestations versées cette semaine-là.
Cherchant à savoir si l’augmentation du seuil de revenus encouragera davantage les bénéficiaires à accepter des emplois à temps partiel ou sur appel, le ministère avait, en 2005, mis en place un projet pilote bonifiant le seuil dans certaines régions du pays. Celui-ci permet une rémunération minimale de 75 $ par semaine ou de 40 % du taux de prestations. Ce projet pilote, en vigueur jusqu’au 6 décembre 2008, était appliqué aux prestataires de la région économique du Centre du Québec (ex. : Magog, Coaticook, East Angus…), mais ne l’était pas à Sherbrooke.

Le ministère a décidé de prolonger ce projet pilote jusqu’au 4 décembre 2010 et d’élargir son application à l’ensemble des régions économiques du Canada. Pour la région économique de Sherbrooke, cette bonification ne sera appliquée que pour les nouvelles périodes de prestations établies après le 7 décembre 2008 : Une personne dont la période de prestations a été établie avant cette date sera soumise aux seuils de revenus fixés par la Loi (50 $ ou 25 %).
Le côté empoisonné de ce cadeau
Pourquoi le gouvernement fédéral veut-il nous inciter à travailler à temps partiel ? Cette question mériterait de faire l’objet d’une thèse de recherche approfondie. Toutefois, les dangers de cette incitation sont très concrets lorsqu’on observe la méthode de calcul du taux de prestations appliquée à Sherbrooke. Des gains de travail à temps partiel pendant une période de chômage peuvent considérablement diminuer le taux de nos prestations d’une future période de chômage. Les saisonniers devraient peut-être s’abstenir…
