Un enjeu électoral pour la CDC
Le concept de développement social a pris du temps à s’imposer dans l’application des politiques publiques. On peut toutefois se réjouir d’un accroissement de l’importance qu’on y accorde maintenant. En effet, à la suite des restructurations municipales et régionales en cours, les villes doivent adopter des approches de développement plus intégrées tenant compte de différents champs d’intervention comme l’économie, la culture, l’habitation, le sport, le loisir, l’environnement, la sécurité, etc.
Parce qu’il touche à tous les aspects de la qualité et du milieu de vie des citoyennes et citoyens, le concept de développement social vise à amener les autorités municipales à faire des choix de politiques et de programmes municipaux qui permettent de prévenir et de réduire les problèmes d’appauvrissement des personnes et des communautés locales. Le développement social sous-tend également l’équité dans l’accès aux services et biens publics municipaux et autres.
Caractère obligatoire
Le décret de création de la nouvelle Ville de Sherbrooke est donc venu affirmer le rôle municipal en développement social, en conférant un caractère obligatoire à ce qui, auparavant, pouvait n’apparaître que facultatif. C’est dans ce contexte que la démarche d’élaboration d’une politique municipale de développement social a été demandée par la Corporation de développement communautaire (CDC) de Sherbrooke, et ce, depuis plusieurs années, notamment par le biais d’une proposition présentée aux élus-es municipaux en février 2003.
Lorsqu’on pense développement, on pense trop souvent à l’augmentation du nombre d’emplois, à la baisse du taux de chômage, au revenu global. Une lecture plus attentive permet de voir qu’il est inégalement réparti entre les secteurs géographiques et les catégories socio-économiques. Tous ne profitent pas de la prospérité économique et le mieux-être de la communauté ne se reflète pas nécessairement dans la baisse du taux de chômage. Face aux inégalités, à la pauvreté, aux emplois précaires, bref, aux défis globaux du développement, des actions concrètes doivent être entreprises afin de favoriser le développement de l’ensemble des personnes et des communautés vivant sur le territoire de la Ville de Sherbrooke.
Une politique en développement social
La CDC et les groupes communautaires qu’elle représente, soit au-delà d’une soixantaine ainsi qu’une dizaine d’organisations partenaires, demande un engagement clair de la candidate et des candidats à la mairie pour doter la Ville de Sherbrooke d’une politique municipale en développement social. Pour ce faire, mettre en place un comité consultatif, composé des acteurs en développement social sur le territoire, qui aura la responsabilité de définir les grandes orientations et le processus d’élaboration d’une politique municipale en développement social. Cette politique devra s’accompagner d’un plan d’action qui inclura des leviers financiers permettant la réalisation de ce plan.
[…] Les organismes communautaires sont des acteurs de premier plan dans le développement social, puisqu’ils sont nés d’initiatives citoyennes et qu’ils constituent des outils essentiels à la création et au maintien d’une bonne qualité de vie pour tous. La municipalité doit soutenir la vitalité de ces organisations dans leur mission et leur action de développement social tout en reconnaissant leur expertise et leur contribution au mieux-être collectif de la Ville, d’où l’importance de renforcer le partenariat entre la Ville, la société civile et les organismes communautaires. […]
Reconnaissance du milieu communautaire
Fort de ce qui précède, nous demandons à celle et ceux qui aspirent à la direction de la Ville de s’engager à reconnaître pleinement le secteur communautaire comme un partenaire incontournable dans le développement social et économique du milieu sherbrookois et, de redéfinir le cadre d’action communautaire, en collaboration avec des représentants d’organismes communautaires, en augmentant le nombre d’organismes reconnus et en leur offrant un meilleur soutien. […]
Le 6 novembre prochain, nous invitons les électeurs et électrices à élire des représentants et représentantes qui sont prêts à s’engager face au développement social, et ce, dans une perspective de collaboration avec les citoyens, les citoyennes et les partenaires du milieu.
Quelques données…
- 9,5 des Sherbrookois et Sherbrookoises sont prestataires de l’assistance-emploi, soit un des taux les plus élevés en Estrie ;
- Le taux de famille à faible revenu est autour de 9,3 % malgré une amélioration depuis quatre ans ;
- Le revenu moyen personnel par Sherbrookois et Sherbrookoise est de 26 000 $ par année.



