Une politique de développement social à Sherbrooke

1 novembre 2005

Un enjeu électoral pour la CDC

Le concept de développement social a pris du temps à s’imposer dans l’application des politiques publiques. On peut toutefois se réjouir d’un accroissement de l’importance qu’on y accorde maintenant. En effet, à la suite des restructurations municipales et régionales en cours, les villes doivent adopter des approches de développement plus intégrées tenant compte de diffé­rents champs d’intervention comme l’économie, la culture, l’habitation, le sport, le loisir, l’environnement, la sécurité, etc.

Parce qu’il touche à tous les aspects de la qualité et du mi­lieu de vie des citoyennes et citoyens, le concept de déve­loppement social vise à amener les autorités municipales à faire des choix de politiques et de programmes municipaux qui permettent de prévenir et de réduire les problèmes d’ap­pauvrissement des personnes et des communautés locales. Le développement social sous-tend également l’équité dans l’accès aux services et biens publics municipaux et autres.

Caractère obligatoire

Le décret de création de la nouvelle Ville de Sherbrooke est donc venu affirmer le rôle municipal en développement social, en conférant un caractère obligatoire à ce qui, auparavant, pouvait n’apparaître que facul­tatif. C’est dans ce contexte que la démarche d’élaboration d’une politique municipale de développement social a été de­mandée par la Corporation de développement communautaire (CDC) de Sherbrooke, et ce, depuis plusieurs années, notamment par le biais d’une proposition présentée aux élus-es municipaux en février 2003.

Lorsqu’on pense développe­ment, on pense trop souvent à l’augmentation du nombre d’emplois, à la baisse du taux de chômage, au revenu global. Une lecture plus attentive per­met de voir qu’il est inégale­ment réparti entre les secteurs géographiques et les catégories socio-économiques. Tous ne profitent pas de la prospérité économique et le mieux-être de la communauté ne se reflète pas nécessairement dans la baisse du taux de chômage. Face aux inégalités, à la pau­vreté, aux emplois précaires, bref, aux défis globaux du dé­veloppement, des actions con­crètes doivent être entreprises afin de favoriser le développe­ment de l’ensemble des per­sonnes et des communautés vivant sur le territoire de la Ville de Sherbrooke.

Une politique en développement social

La CDC et les groupes com­munautaires qu’elle repré­sente, soit au-delà d’une soixan­taine ainsi qu’une dizaine d’organisations partenaires, demande un engagement clair de la candidate et des candidats à la mairie pour doter la Ville de Sherbrooke d’une politique municipale en développement social. Pour ce faire, mettre en place un comité consultatif, composé des acteurs en dé­veloppement social sur le territoire, qui aura la respon­sabilité de définir les grandes orientations et le processus d’élaboration d’une politique municipale en développement social. Cette politique devra s’accompagner d’un plan d’ac­tion qui inclura des leviers fi­nanciers permettant la réali­sation de ce plan.

[…] Les organismes commu­nautaires sont des acteurs de premier plan dans le dévelop­pement social, puisqu’ils sont nés d’initiatives citoyennes et qu’ils constituent des outils essentiels à la création et au maintien d’une bonne qualité de vie pour tous. La munici­palité doit soutenir la vitalité de ces organisations dans leur mission et leur action de dé­veloppement social tout en reconnaissant leur expertise et leur contribution au mieux-être collectif de la Ville, d’où l’importance de renforcer le partenariat entre la Ville, la société civile et les organismes communautaires. […]

Reconnaissance du milieu communautaire

Fort de ce qui précède, nous demandons à celle et ceux qui aspirent à la direction de la Ville de s’engager à reconnaî­tre pleinement le secteur com­munautaire comme un par­tenaire incontournable dans le développement social et éco­nomique du milieu sher­brookois et, de redéfinir le cadre d’action communautaire, en collaboration avec des repré­sentants d’organismes com­munautaires, en augmentant le nombre d’organismes reconnus et en leur offrant un meilleur soutien. […]

Le 6 novembre prochain, nous invitons les électeurs et élec­trices à élire des représentants et représentantes qui sont prêts à s’engager face au déve­loppement social, et ce, dans une perspective de collabora­tion avec les citoyens, les ci­toyennes et les partenaires du milieu.

Quelques données…

  • 9,5 des Sherbrookois et Sherbrookoises sont prestataires de l’assistance-emploi, soit un des taux les plus élevés en Estrie ;
  • Le taux de famille à faible revenu est autour de 9,3 % malgré une amélioration depuis quatre ans ;
  • Le revenu moyen personnel par Sherbrookois et Sherbrookoise est de 26 000 $ par année.

 

 

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon