La Colombie
Cet article est mon premier d’une série de trois. Dans le cadre d’un projet individuel de solidarité avec la Colombie où les droits humains sont quasi inexistants et où l’impunité règne. Ce texte se veut comme une introduction à mon projet, mes attentes, mes peurs et la réalité colombienne.
Avant de quitter pour la Colombie, j’ai eu beaucoup de stress durant quelques jours avant mon départ. C’était comme si je pensais que je n’étais pas assez bien préparée pour affronter un des pays codés comme les plus dangereux et instables au monde. Je suis allée du Canada au Nicaragua par la voie terrestre et j’ai vu ce qu’est l’Amérique latine, mais là, c’est différent. Au moins, une chose m’a grandement réconfortée : quelqu’un m’attendait à l’aéroport et je connais l’espagnol assez bien pour me débrouiller.
Bogota, une capitale moderne
Quand je suis arrivée à Bogota, il était 9 h 50, deux heures de retard sur l’horaire car il y avait eu du verglas à Toronto. Pour faire une histoire courte, mon arrivée s’est bien passée et en regardant autour de moi, j’avais l’impression d’être à Montréal, dans le quartier latin. Bogota est une ville moderne, comme toutes les capitales d’Amérique latine. Mais il ne faut pas se laisser tromper car derrière ces panneaux publicitaires, se cache une extrême pauvreté.
Je me suis retrouvée avec des gens qui travaillent tous dans la même organisation et avec le même but : une reconstruction de la Colombie en vraie démocratie et avec la possibilité de pouvoir y vivre en toute sécurité. Grâce à eux, je peux dire que je me suis sentie en totale confiance. Ils ont tous été très gentils en m’expliquant tout, me protégeant un peu, certes, mais ici, c’est une chose essentielle. Enfin, jusqu’à ce que j’apprenne ce qu’est réellement la vie dans ce pays : la nécessité de toujours être alerte, de regarder autour de soi pour voir ce qui se passe, d’apprendre à vivre avec la présence de la police et de gardes de sécurité, de faire fouiller son sac tous les jours, de s’identifier régulièrement, et surtout, n’importe quand, il peut arriver des affrontements violents entre des hommes armés ou pas.
Au Canada, on voit les policiers, mais ici ce n’est pas pareil. Avec la corruption et l’impunité, tout peut arriver. Pour en donner une idée, voici une situation particulière à la Colombie : comme le pays est gouverné par un régime démocratique, chacun a le droit de participer et/ou d’avoir une idéologie politique. Les gens ne sont pas supposés avoir de problèmes car c’est un droit.
Une démocratie bien « particulière »
Pourtant dans les années 1980, plusieurs personnes membres ou partisanes du Parti communiste de la Colombie, se sont fait assassinées. Encore aujourd’hui, ces mêmes personnes reçoivent des menaces de mort, disparaissent et/ou se font assassiner. Elles ont intenté des poursuites judiciaires avec l’aide d’un organisme international de défense des droits humains, devant la Cour suprême de la Colombie. Elles ont gagné et le gouvernement fédéral fut obligé de leur assurer une protection. Il faut noter que ça ne se passe pas toujours comme cela. À présent, ces personnes ont des caméras qui filment la porte du parti, des gardes armés dans l’édifice, des gardes du corps pour leur apparition en public, des automobiles protégées avec des chauffeurs et des cellulaires pour être en communication constante entre elles. Tous n’est pas réglé mais ces moyens réduisent les risques d’attentats ou autres.
La capitale Bogota est donc une ville moderne, plus encore que n’importe laquelle des capitales que j’ai visitées en Amérique centrale. Ceci m’a beaucoup impressionnée. La culture est très différente mais il faut noter qu’en Colombie, chaque région a la sienne propre. Avec ses neuf millions d’habitants, Bogota est une ville multiculturelle. Cette situation est due à un énorme exode rural qui s’est produit voilà une vingtaine d’années à cause du conflit entre les paramilitaires et les groupes guérillas présents dans quasi toute la Colombie. Les campagnards ont peur et se réfugient dans la capitale ou les autres grandes villes du pays. L’exode est aussi marqué par un manque d’aide gouvernementale pour développer les régions. Ceux qui y demeurent, y vivent dans des conditions lamentables. Mais là aussi je ne peux qu’extrapoler à cause de mon manque d’information. Pour conclure, je peux dire que malgré ces graves problèmes, la population colombienne fait preuve d’une grande solidarité et que c’est grâce à cette attitude que les choses vont avancer.




