Une réforme en profondeur, c’est l’heure

1 avril 2002

La Loi sur les normes du travail (LNT) a été adoptée en 1979 et est entrée en vigueur en 1980. Elle a été ensuite révisée en 1991 (de bien légères modifications)…

Cette loi, qui vise par des nor­mes minimales de travail à garantir des droits pour les travailleuses et les travailleurs non syndiqué-e-s, a été éla­borée en fonction d’emplois stables, à temps plein, occu­pés par des salarié-e-s n’ayant qu’un seul employeur à la fois et souvent le même tout au long de leur vie active.

Portrait actuel

En 2002, 60 % de la popu­lation active n’est pas syndi­quée (1,8 million de tra­vailleuses et travailleurs). La loi qui devrait normalement les protéger, ne correspond plus du tout à la réalité actu­elle du monde du travail. Une des raisons est la multiplica­tion des différents statuts d’emploi. On assiste depuis les vingt dernières années à un recul de l’emploi salarié à temps plein et à une augmen­tation effarante de l’emploi atypique. Le travail à temps partiel et le travail autonome représentent à eux seuls 73 % des emplois créés entre 1976 et 1995.1 Pendant ce temps, le temps partiel involontaire à augmenté de 524 %.1 C’est ce qu’on appelle la précarisa­tion du travail.

Les stratégies…

Les emplois stables se trans­forment en emploi contrac­tuels, autonomes, sur appel, à temps partiel, sur des mesu­res d’ employabilité, pour des agences de placement, en sous-traitance et cela sous l’impulsion des entreprises cherchant à éviter le paie­ment des charges sociales et à contourner les lois régissant le marché du travail.

Les promesses…

Promise par les trois dernièr­e-s ministres et attendue de­puis des lustres, la Loi sur les normes du travail doit être révisée cette année. Le mi­nistre Rochon a enfin déposé un document d’orientation en avril pour consultation publi­que (une autre ronde de validation bidon ou il n’y a pas de place réelle pour la cri­tique, les recommandations et les revendications ? ? ?). Le projet de loi sera déposé à l’automne.

Il est plus que temps que le gouvernement légifère et se penche sérieusement sur le phénomène grandissant de la précarisation et ses consé­quences directes sur les em­plois. On parle ici du nivel­lement par le bas, (diminution des salaires, des avantages; détérioration des conditions en emploi, des droits et de la protection des travailleurs et des travailleuses; substitution des emplois et création de réseaux parallèles; durée du travail. Toutes ces condi­tions gagnantes entraînent une situation de survie favori­sant l’individualisme et ren­dant difficile l’accès à la syn­dicalisation.

Le 1er mai est une date sym­bolique des luttes passées et à venir… Dès l’automne, iule grande campagne de sensibi­lisation, de formation, d’ac­tion et de revendications sera menée par le Front de défense des non-syndiqué-e-s afin de mobiliser les forces vives des mouvements sociaux. Soyons solidaires dans notre cause pour obtenir que la réforme de la Loi sur les normes du travail soit à l’échelle hu­maine. Les idéaux existent pour qu’on s’y raccroche.

 

  1. Au Bas de l’échelle, Une réforme en profondeur c’est l’heure !

 

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