Une Rupture avec le P.Q. Un Risque ou un Pas en Avant ?

18 avril 1998

Ouf ! Tout le vacarme de la Charestmanie commence tranquillement à retomber. Une fois passées les jubilations et la frénésie médiatique, on peut recommencer à réfléchir un peu… Justement, une question me chicote :une plus grande possibilité de victoire électorale chez les libéraux peut-elle empêcher les indépendantistes de gauche de s’opposer au Parti québécois ?

Je vous parie ma chemise que, quand le moment de voter reviendra, plusieurs souverainistes vont glisser sous le tapis leur opposition aux politiques du P.Q. Pourtant, avec l’appauvris­sement généralisé de ces dernières années et toutes les coupures à blanc en santé, en éducation et à l’aide sociale, le constat s’impose pour celles et ceux qui ont à cœur la justice sociale : il faut rompre avec le Parti québécois. Et les raisons de le faire ne manquent pas.

Des raisons bonnes et valables

D’ABORD, parce que c’est une organisation qui méprise les opinions des simples membres et où les vraies décisions se prennent au sommet. Moi-même, j’ai pu constater, lors d’un con­grès en mars 1995, que les bonzes du Parti mettaient constamment leur poids dans la balance pour éli­miner les propositions qui viennent de la base.

ENSUITE, parce que le gouver­nement du P.Q. a presque systématiquement violé les engagements de son pro­gramme électoral de 1994. Au lieu de défendre la (tiède) sociale-démocratie pendant la campagne, le P.Q. a adopté tel quel la position du Parti libéral sur le déficit zéro pour l’année 2000, avec les conséquences inhumaines que l’on connaît.

Aussi, parce que le P.Q. nous invite à nous lancer tête baissée dans le projet de mondialisation dirigé par les financiers et les mul­tinationales. Pourquoi avoir un État souverain si les citoyennes et citoyens ainsi que les gouvernements doi­vent renoncer à leurs droits en subissant des accords déjà négociés en douce (dans le genre AMI ou ALÉNA) ?

FINALEMENT, parce qu’au bout du compte les pro­gressistes qui soutiennent le P.Q. ont toujours les deux mains vides : même pas l’ombre d’un partage mini­mal de la richesse… et même pas de souveraineté !

Lamentable, non ?

 

 

 

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