Des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval ont pensé à remplacer le gynécologue par… une serviette sanitaire. Une mini-serviette modifiée pour assurer le dépistage de certaines MTS ! En apparence tout à fait anodine, elle recèle à l’intérieur un filtre qui recueille les sécrétions vaginales. fl suffit de porter la serviette pendant quatre heures consécutives, d’expédier le filtre par la poste à un laboratoire d’analyses, et le tour est joué !
LA MÉTHODE, décrite dans le journal of Clinical Microbiology, ne permet de dépister que les infections à chlamydia. Pourquoi avoir choisi cette maladie ? « Parce que, explique Michel Alary, j…], on avait constaté qu’une forte proportion de femmes refusaient de passer le test de dépistage conventionnel, un peu désagréable, qui consiste à prélever des cellules dans le col de l’utérus à l’aide d’un spéculum. Or, l’infection à chlamydia, qui présente peu de symptômes, se propage souvent silencieusement à d’autres partenaires qui risquent, entre autres séquelles, de souffrir d’infertilité. »
AVEC LEUR INVENTION, les chercheurs visent à rejoindre non seulement les femmes qui craignent les examens gynécologiques, mais aussi celles qui ne fréquentent pas les services médicaux conventionnels, comme les jeunes de la rue, les prostituées et les femmes incarcérées. « Nous pensons commercialiser notre mini-serviette en 2002. déclare Céline Bouchard, conceptrice du produit. Nous avons d’ailleurs fondé à cette fin la compagnie Ezydetek, qui détient le brevet pour notre invention. » La scientifique espère convaincre le gouvernement de distribuer gratuitement ces serviettes dans les cégeps et les CLSC, afin de rejoindre les jeunes filles de 16 à 24 ans, principalement sujettes aux infections à chlamydia. De cette façon, le gouvernement économisera les frais des visites médicales et, surtout, les coûts secondaires découlant des complications liées aux infections non traitées. La serviette sanitaire pourrait également se retrouver en pharmacie, au coût estimé de 6 à 7 $ l’unité.
[…] LES CHERCHEURS étudient la possibilité de dépister d’autres MTS par le même moyen. « Nous étudions présentement au Bénin le cas de gonorrhée, alors que d’autres recherches portent sur la détection des maladies précancéreuses du col de l’utérus », explique Céline Bouchard. Prochainement en vente, dans toutes les bonnes pharmacies…
Source : Découvrir, janvier 2002, Nathalie Kinnard, Agence Presse



