Une serviette sanitaire qui détecte les MTS

1 mars 2002

Des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval ont pensé à remplacer le gynécologue par… une serviette sanitaire. Une mini-serviette modifiée pour assurer le dépistage de certaines MTS ! En apparence tout à fait anodine, elle recèle à l’intérieur un filtre qui recueille les sécrétions vaginales. fl suffit de porter la serviette pendant quatre heures consécutives, d’expédier le filtre par la poste à un laboratoire d’analyses, et le tour est joué !

LA MÉTHODE, décrite dans le journal of Clinical Microbio­logy, ne permet de dépister que les infections à chlamydia. Pourquoi avoir choisi cette maladie ? « Parce que, explique Michel Alary, j…], on avait constaté qu’une forte propor­tion de femmes refusaient de passer le test de dépistage con­ventionnel, un peu désagréa­ble, qui consiste à prélever des cellules dans le col de l’utérus à l’aide d’un spéculum. Or, l’in­fection à chlamydia, qui pré­sente peu de symptômes, se propage souvent silencieuse­ment à d’autres partenaires qui risquent, entre autres séquelles, de souffrir d’infertilité. »

AVEC LEUR INVENTION, les chercheurs visent à rejoindre non seulement les femmes qui craignent les examens gynéco­logiques, mais aussi celles qui ne fréquentent pas les services médicaux conventionnels, comme les jeunes de la rue, les prostituées et les femmes incarcérées. « Nous pensons commercialiser notre mini-serviette en 2002. déclare Céline Bouchard, conceptrice du produit. Nous avons d’ail­leurs fondé à cette fin la com­pagnie Ezydetek, qui détient le brevet pour notre invention. » La scientifique espère convain­cre le gouvernement de distri­buer gratuitement ces serviettes dans les cégeps et les CLSC, afin de rejoindre les jeunes filles de 16 à 24 ans, principalement sujettes aux in­fections à chlamydia. De cette façon, le gouvernement écono­misera les frais des visites médicales et, surtout, les coûts secondaires découlant des com­plications liées aux infections non traitées. La serviette sani­taire pourrait également se re­trouver en pharmacie, au coût estimé de 6 à 7 $ l’unité.

[…] LES CHERCHEURS étu­dient la possibilité de dépister d’autres MTS par le même moyen. « Nous étudions pré­sentement au Bénin le cas de gonorrhée, alors que d’autres recherches portent sur la détec­tion des maladies précancéreu­ses du col de l’utérus », explique Céline Bouchard. Prochainement en vente, dans toutes les bonnes pharmacies…

Source : Découvrir, janvier 2002, Nathalie Kinnard, Agence Presse

 

 

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