Analyse des résultats d’une campagne électorale morne

2 décembre 2025

Morne la campagne, parce qu’il n’en est pas ressorti d’idées importantes ou mobilisatrices. Essayons d’y voir plus clair dans les résultats.

Les chefs de partis politiques

Les deux chefs des partis, faut-il s’en surprendre, ont eu à peu près les résultats que leur donnaient les (faux) sondages : 22,9 % au total. À la mairie, ni Guillaume Brien ni Raïs Kibonge n’ont réussi à intéresser les électeurs à leur formation respective. Aucun des deux n’a remporté ne serait-ce qu’un seul district : Vincent Boutin a été le meilleur dans le district du Lac-des-Nations et tous les autres ont été dominés par Marie-Claude Bibeau.

Les hommes versus les femmes

Une femme l’a emporté sur trois hommes à la mairie. C’est réglé.

Qu’en est-il des districts ?

En 2017, les hommes représentaient 57,1 % des candidatures (32/56), 54,2 % des votes et une représentativité de 53,3 % (8/15) (excluant les deux conseillers d’arrondissement).

En 2021, c’était 51,3 % des candidatures (20/39), 49,2 % des votes et une représentativité au Conseil de seulement 26,7 % (4/15).

En 2025, les hommes qui formaient 56,1 % des candidatures (32/57), n’ont obtenu que 47,3 % des votes et seulement quatre ont encore été élus au Conseil pour une représentativité de 26,7 % (4/15).

Les partis politiques dans les districts

Qu’on le veuille ou non, les partis ont obtenu 47,2 % des votes dans les districts versus 52,8 % pour les indépendants. Ce résultat qui ressemble à s’y méprendre au résultat d’un tirage à pile ou face prouve que les électeurs ne font pas de cas de l’appartenance ou pas à un parti.

Avec le départ d’Évelyne Beaudin et la défaite de Raïs Kibonge, le nombre de membres du (seul) parti au Conseil municipal qui était de cinq en fin de mandat s’est réduit à trois.

Quand mon amie Annie Faucher a décidé de quitter son parti pour siéger comme indépendante (pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle), elle scellait la représentativité des partis à 20 % des élu(e)s du Conseil (3/15) même après avoir reçu près de la moitié des votes. En 2021, c’était plutôt 46,7 % d’élu(e)s (7/15) pour 40.2 % des voix exprimées.

Conclusion : Les partis politiques au municipal sont pertinents. Celles et ceux qui les remettent en question devraient peut-être aussi réévaluer la pertinence des hommes puisque ceux-ci, plus nombreux au départ, ont eu le même pourcentage des votes que les partis.

Les communautés culturelles

J’ai compté 17 membres des communautés culturelles (immigrant ou minorité visible) sur l’ensemble des 61 candidatures soit 27,9 %. Celles-ci ont obtenu 17,1 % des voix et trois sièges ou 20 %. Aucune nouvelle personne issue de ce groupe n’a été élue. Trop de variables viennent influencer le vote (dont l’âge) pour permettre de conclure qu’il y ait eu une tendance significative pour ou contre ces candidatures.

L’importance de l’âge des candidat(e)s

De 2017 à 2025, l’âge moyen (estimé sommairement) des candidat(e)s est resté autour de 47 ans. Dans le même temps, l’âge moyen des élu(e)s est passé successivement de 52 à 47 pour remonter à 54 ans. Est-ce l’indice d’un retour à un certain conservatisme ?

Les parents de jeunes enfants en campagne

Pour l’avoir fait trois fois, je sais comment une campagne électorale peut être exigente, épuisante. Et j’étais célibataire sans enfant alors j’imaginais difficilement ce que doivent vivre les parents d’enfants surtout ceux à bas âge. Mais j’ai pu l’observer encore cette fois et je m’incline bien bas devant leur courage à se présenter pour représenter leur communauté.

Les problèmes de santé et les deuils

On ne se rend pas compte non plus que pendant une campagne électorale la vie continue.

Des candidat(e)s doivent parfois faire face au deuil d’un membre de la famille ou d’un(e) ami(e) et le lendemain doivent s’accrocher un sourire et reprendre leur porte-à-porte. Je me rappelle d’une candidate qui a perdu son père pendant une campagne. Imaginez.

Il arrive aussi que la maladie frappe à l’improviste la famille ou la personne même qui se présente. Encore là, chapeau bien bas.

Les critiques

Il est toujours facile de critiquer après coup les stratégies adoptées par les candidats et partis. Je n’irai pas jouer sur ce terrain-là ici.

Je me contenterai de soulever quelques erreurs connues et reconnues comme telles par les gens d’expérience. Ne pas faire de porte-à-porte; le faire mais seul(e); adopter une attitude méprisante envers quiconque; ne pas s’entourer d’une équipe; négliger le financement; ne pas installer d’affiches ou les installer à des endroits peu stratégiques; ne faire campagne que sur les médias sociaux; ne pas connaître les lois, les règlements ou les enjeux; etc.

Félicitations

Quelles aient été élues ou pas, les personnes qui se sont présentées en faisant une campagne honorable méritent notre respect. Elles ont fait vivre notre démocratie. 

 

 

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