Travailler au salaire minimum, c’est vivre dans la pauvreté

26 février 2026

Sherbrooke, le 23 janvier 2026 – Plus tôt aujourd’hui, le ministre du Travail Jean Boulet annonçait que la prochaine hausse du salaire minimum sera de 0,50 $, le faisant passer de 16,10 $ à 16,60 $ dès le 1er mai. Illusion Emploi de l’Estrie et la Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie (TACAE) tirent la sonnette d’alarme: avec un salaire minimum aussi bas, c’est encore la pauvreté qui attend les travailleuses et les travailleurs à bas salaire.

Chez Illusion Emploi, de plus en plus de personnes viennent cogner à notre porte pour avoir de l’aide. Certaines croulent sous les dettes parce que leur salaire ne leur permet pas de couvrir leurs besoins de base. D’autres doivent cumuler plusieurs emplois pour joindre les deux bouts. On voit aussi de plus en plus de personnes qui travaillent à temps plein et qui doivent avoir recours aux banques alimentaires. Rappelons qu’au Québec, une personne sur cinq ayant recours aux banques alimentaires occupe un emploi.

Pourtant, une personne qui travaille à temps plein, même au salaire minimum, ne devrait pas vivre dans la pauvreté. Il est inacceptable d’exiger 40 heures de temps et d’énergie à une personne tout en la maintenant dans la précarité. Nous sommes en droit de nous attendre, comme travailleurs et travailleuses, à recevoir une rémunération qui nous permette de nous loger décemment, de manger à notre faim, d’avoir un fonds d’épargne et des conditions de vie décentes.

Avec les hausses successives des loyers et des prix de l’épicerie, le salaire nécessaire pour vivre dignement au Québec se chiffre maintenant à 28,00 $ de l’heure. En bas de ce salaire, on condamne les travailleuses et les travailleurs à la précarité: impossible de faire face à une séparation, à un déménagement ou à des imprévus.

La situation est critique pour de plus en plus de gens. Notre gouvernement continue de protéger les ultra-riches pendant que les personnes qui travaillent s’appauvrissent. La pauvreté n’est pas une fatalité, c’est le résultat de décisions politiques. Nous avons besoin d’un salaire minimum qui permette réellement de sortir de la pauvreté — 28,00 $ de l’heure — mais aussi de mesures complémentaires, comme un contrôle de l’augmentation des loyers et un renforcement du filet social.

La dignité n’est pas un luxe. Le Québec doit faire mieux. 

 

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