Négociations – Bras dessus, bras dessous solidarité !

1 août 2005

La rentrée automnale risque d’être quelque peu mouvementée sur le plan des relations de travail avec en premier plane les négociations d’une partie importante des employéEs de l’État, travaillant à ce qui est convenu d’appeler, le secteur public et para-public (hôpitaux, centres d’accueil, écoles, fonctionnaires, etc.). Bref, plus de 530 000 travailleurs et travailleuses négocient présentement le renouvellement de leur convention collective qui est échue depuis 2003. À ces milliers de personnes salariées, il faut en ajouter provenant d’autres « secteurs » dont celles des centres de la petite enfance…

Mais voilà que madame Forget, présidente du Conseil du trésor, convoque les médias un beau dimanche matin (le 14 août 2005) pour annoncer son intention de maintenir fermement les offres gouvernementales aux employéEs de l’État. Quelle nouvelle ! Rappelons que ces offres sont sur la table depuis plusieurs mois déjà et qu’elles ont été rejetées à la quasi-unanimité par le personnel syndiqué. En gros, ces offres se limitent à une augmentation de 12,6 % sur six ans alors que les syndiquéEs demandent 12,5 % en trois ans. Soulignons que les offres gouvernementales incluent les montants compensatoires dévolus à l’équité salariale que le gouvernement doit verser suite à un jugement de la Cour…

La raison justifiant l’entêtement du gouvernement Charest est simple : nous n’avons pas d’argent et les contribuables ne peuvent payer davantage. Nous ne voulons pas « égorger » les contribuables mais sommes pour une fiscalité juste et équitable en vue d’assurer adéquatement les services étatiques que nous nous sommes donné collectivement. Mais pourquoi le gouvernement québécois n’a-t-il pas plus d’argent ? Il n’y a pas qu’une seule raison mais nous en ciblerons deux qui nous semblent les plus importantes, les baisses d’impôts et le déséquilibre fiscal.

En « v’là d’l’argent »…

En ce qui concerne les baisses d’impôts, Entrée Libre a souligné à plusieurs reprises comment celles-ci étaient dommageables pour les services gouvernementaux tout en bénéficiant aux plus riches. Au début des années 1970, le maximum d’impôt payé par les plus riches était d’environ 33 %. Ce pourcentage a baissé graduellement pour maintenant se situer à 23 %. Lors de son passage au pouvoir, le Parti québécois a voté des baisses d’impôts de 15 MILLIARDS en cinq ans, dont environ 1,8 milliard est devenu récurrent.

Sur le déséquilibre fiscal, rappelons juste que si le gouvernement fédéral injectait le même montant qu’en 1994 avant la vague de coupures, le Québec obtiendrait plus de 3 milliards de dollars par année. Mais les priorités sont les baisses d’impôts (environ 100 MILLIARDS sur cinq ans depuis 2001), la réduction de la dette et l’augmentation des budgets à la défense et à la sécurité nationale…

Enfin, soulignons que les indices démontrent l’augmentation de la richesse globale au sein de la société canadienne et québé­coise tout en constatant l’écart grandissant entre les riches et les pauvres. Mais où va donc toute cette richesse ? Un élément de réponse : « Les bénéfices avant impôts des entreprises canadiennes représentent maintenant 14,4 % du PIB, ce qui égale un record établi en 1974 (La Presse, 14 juillet 2005). »

Appui aux employés et employées de l’État

En constatant que les orientations gouvernementales, tant fédérales que provinciales depuis plusieurs années (avec le PLQ ou le PQ), ne visent qu’à réduire l’État tout en accordant davantage d’espace au privé, Entrée Libre évalue que la popu­lation doit appuyer les employéEs de l’État dans la présente négociation. Cet appui ne doit pas se voir strictement comme un appui aux demandes syndicales (« corporatistes ») mais doit se placer dans une perspective plus large pour le maintien et l’amélioration de nos services collectifs et, en bout de ligne, comme une lutte pour davantage de justice sociale

 

 

 

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