Le 16 juin dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a autorisé les services de radio numérique par abonnement à importer une centaine de stations américaines. Des licences ont été accordées aux sociétés Canadian Satellite Radio (CSR), Sirius Canada (consortium formé de Radio-Canada, Standard Radio et Sirius USA) et CHUM-Astral. Les défenseurs de la langue française ont blâmé cette décision en raison du faible contenu francophone et canadien exigé. En effet, cette autorisation aura pour conséquence de porter le nombre de canaux programmés aux États-Unis à 90 % contre seulement 10 % au Canada, dont un maigre 25 % en français. Néanmoins, les compagnies détentrices de licences ont volontairement décidé d’accorder
plus de place au contenu francophone et canadien. D’une part, la ministre du Patrimoine canadien, Liza Frulla, s’est dite satisfaite de cette initiative ; d’autre part, Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec, ne cache pas sa déception face à la décision du cabinet fédéral d’accorder une licence de radio par satellite à des groupes dont le contenu francophone sera minime. Ce dossier controversé est loin d’être réglé. Les députés libéraux fédéraux québécois rejettent la décision du CRTC et certains ont même remis en doute la pertinence de l’organisme : le député de Bourassa, Denis Coderre, a affirmé que « le CRTC avait failli à son mandat de protection de la culture, de l’identité et des intérêts canadiens ». D’ici la tenue des audiences publiques qui devront inévitablement avoir lieu au cours des prochains mois, le CRÊMI souhaite rappeler à la population que le pouvoir du CRTC lui appartient et qu’il lui revient d’en déterminer l’orientation et le sort.
Sources : La Presse, août et septembre 2005



