Défaite amère pour le CUTS et le RUTASM

1 août 2002
Crédit image : Pierre Berger

Heure de changement pour le transport en commun

Conseil d’administration de la Société de transport

La Corporation métropoli­taine de transport de Sher­brooke (CMTS) est devenue, le 1er janvier 2002 la Société de transport de Sherbrooke (STS). Ce changement impli­quait la constitution d’un nouveau conseil d’administra­tion (c.a.), sur lequel siègent deux représentants(tes) des usagers(ères) (un du trans­port régulier et un du trans­port adapté), désignés(ées) par la Ville.

Plusieurs personnes ont ré­pondu à l’appel de candidatu­res émis publiquement en février 2002. Un comité a rencontré les candidats(tes) en entrevue avant d’arrêter son choix. Ce comité de sé­lection était formé de quatre élus municipaux membres du c.a. de la sis et par la direc­trice générale Mme Huguette Dallaire.

Candidatures

M. Guy Boucher, de Famille-Espoir, qui s’était présenté comme représentant des usa­gers(ères) du transport régu­lier, explique que les critères de sélection étaient d’utiliser le transport en commun ou adapté, de connaître les en­jeux du transport public et de faire preuve de leadership ‘,d’être appuyé par le milieu).

Un autre candidat, M. Pierre Desbouchers avait également l’appui de nombreux organis­mes, dont le Comité des utilisateurs(trices) du trans­port en commun de la région de Sherbrooke (CUTS). Usa­ger de longue date et présent aux réunions du c.a. depuis des années, il avait tout en main pour défendre les inté­rêts du public. Le Regroupe­ment des usagers du transport adapté du Sherbrooke métro­politain (RUTASM) avait quant à lui recommandé Mme Chantal Vallée, retenue pres­que unanimement après con­sultation de plusieurs orga­nismes. Cette candidature a été proposée au conseil muni­cipal avant même que la pro­cédure de sélection ait été déterminée, puis à nouveau à la ville et à la STS lors de l’appel officiel de candidatu­res. Au courant des dossiers et appuyées par le milieu, en plus d’utiliser l’autobus tel que l’exigeaient les critères, ces personnes n’ont néan­moins pas été retenues.

Choix

Le choix du comité de sélection s’est arrêté sur Mine Véronique Fortin et M. José Leroux. Véronique For­tin est étudiante à l’Université de Sherbrooke et utilise l’autobus depuis trois ans. M. Leroux est un usager de longue date du transport adapté et membre du RUTASM. Bien que ces personnes ré­pondent aux critères de sélection, l’annonce de ces choix a provoqué de. vives réactions.

Réactions

Le CUTS a même écrit aux personnes concernées pour signifier son désappointe­ment : « On se demande si le choix qui a été fait est judicieux », explique Mme Raymonde Morin, présidente du CUTS. Dans le cas de Véronique Fortin, le CUTS note une apparence de conflit d’intérêt, notamment parce qu’elle a effectué un micro-stage en politique à la CMTS. Ces éléments ne confirment pas qu’il y ait eu conflit d’in­térêt ou non-respect des cri­tères, mais soulèvent tout de même le doute.

De son côté, le RUTASM espère simplement que cette décision ne constitue pas un désaveux du communautaire de la part de la société de transport. L’organisme ne remet pas en question la compétence de M. Leroux, mais va s’assurer qu’il soit au fait des positions et des revendications du RUTASM afin de bien les défendre.

M. Guy Boucher déplore quant à lui que la Ville ne reconnaisse pas les compé­tences des organismes com­munautaires. Le CUTS et le RUTASM sont voués à la ques­tion du transport en commun, en contact direct avec nom­bres d’usagers et appuyés par d’autres organismes commu­nautaires il est pour le moins étonnant de voir leurs recom­mandations outrepassées…

Et la loi ?

Le comité de sélection se défend en disant que tout s’est déroulé démocratique­ment et en conformité avec la loi. En effet, la loi ne prévoit pas de procédure particulière pour la sélection des représentants(tes) des utilisateurs(trices). Elle indique seulement que : « La Ville de Sherbrooke désigne les mem­bres du conseil d’admi­nistration de la Société de transport de Sherbrooke parmi les membres de son conseil sauf deux membres qu’elle choisit parmi ses résidents, dont un usager des services de transport en com­mun et un usager des services adaptés aux besoins des per­sonnes handicapées. » (Loi modifiant la Loi sur les sociétés de transport en commun et d’autres disposi­tions législatives) Le pro­blème serait-il alors un flou dans la loi ? Devrait-elle obli­ger la municipalité à prendre en compte l’avis des organis­mes concernés ? Les critères devraient-ils être plus serrés ou même mesurables ?

 

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