Heure de changement pour le transport en commun
Conseil d’administration de la Société de transport
La Corporation métropolitaine de transport de Sherbrooke (CMTS) est devenue, le 1er janvier 2002 la Société de transport de Sherbrooke (STS). Ce changement impliquait la constitution d’un nouveau conseil d’administration (c.a.), sur lequel siègent deux représentants(tes) des usagers(ères) (un du transport régulier et un du transport adapté), désignés(ées) par la Ville.
Plusieurs personnes ont répondu à l’appel de candidatures émis publiquement en février 2002. Un comité a rencontré les candidats(tes) en entrevue avant d’arrêter son choix. Ce comité de sélection était formé de quatre élus municipaux membres du c.a. de la sis et par la directrice générale Mme Huguette Dallaire.
Candidatures
M. Guy Boucher, de Famille-Espoir, qui s’était présenté comme représentant des usagers(ères) du transport régulier, explique que les critères de sélection étaient d’utiliser le transport en commun ou adapté, de connaître les enjeux du transport public et de faire preuve de leadership ‘,d’être appuyé par le milieu).
Un autre candidat, M. Pierre Desbouchers avait également l’appui de nombreux organismes, dont le Comité des utilisateurs(trices) du transport en commun de la région de Sherbrooke (CUTS). Usager de longue date et présent aux réunions du c.a. depuis des années, il avait tout en main pour défendre les intérêts du public. Le Regroupement des usagers du transport adapté du Sherbrooke métropolitain (RUTASM) avait quant à lui recommandé Mme Chantal Vallée, retenue presque unanimement après consultation de plusieurs organismes. Cette candidature a été proposée au conseil municipal avant même que la procédure de sélection ait été déterminée, puis à nouveau à la ville et à la STS lors de l’appel officiel de candidatures. Au courant des dossiers et appuyées par le milieu, en plus d’utiliser l’autobus tel que l’exigeaient les critères, ces personnes n’ont néanmoins pas été retenues.
Choix
Le choix du comité de sélection s’est arrêté sur Mine Véronique Fortin et M. José Leroux. Véronique Fortin est étudiante à l’Université de Sherbrooke et utilise l’autobus depuis trois ans. M. Leroux est un usager de longue date du transport adapté et membre du RUTASM. Bien que ces personnes répondent aux critères de sélection, l’annonce de ces choix a provoqué de. vives réactions.
Réactions
Le CUTS a même écrit aux personnes concernées pour signifier son désappointement : « On se demande si le choix qui a été fait est judicieux », explique Mme Raymonde Morin, présidente du CUTS. Dans le cas de Véronique Fortin, le CUTS note une apparence de conflit d’intérêt, notamment parce qu’elle a effectué un micro-stage en politique à la CMTS. Ces éléments ne confirment pas qu’il y ait eu conflit d’intérêt ou non-respect des critères, mais soulèvent tout de même le doute.
De son côté, le RUTASM espère simplement que cette décision ne constitue pas un désaveux du communautaire de la part de la société de transport. L’organisme ne remet pas en question la compétence de M. Leroux, mais va s’assurer qu’il soit au fait des positions et des revendications du RUTASM afin de bien les défendre.
M. Guy Boucher déplore quant à lui que la Ville ne reconnaisse pas les compétences des organismes communautaires. Le CUTS et le RUTASM sont voués à la question du transport en commun, en contact direct avec nombres d’usagers et appuyés par d’autres organismes communautaires il est pour le moins étonnant de voir leurs recommandations outrepassées…
Et la loi ?
Le comité de sélection se défend en disant que tout s’est déroulé démocratiquement et en conformité avec la loi. En effet, la loi ne prévoit pas de procédure particulière pour la sélection des représentants(tes) des utilisateurs(trices). Elle indique seulement que : « La Ville de Sherbrooke désigne les membres du conseil d’administration de la Société de transport de Sherbrooke parmi les membres de son conseil sauf deux membres qu’elle choisit parmi ses résidents, dont un usager des services de transport en commun et un usager des services adaptés aux besoins des personnes handicapées. » (Loi modifiant la Loi sur les sociétés de transport en commun et d’autres dispositions législatives) Le problème serait-il alors un flou dans la loi ? Devrait-elle obliger la municipalité à prendre en compte l’avis des organismes concernés ? Les critères devraient-ils être plus serrés ou même mesurables ?




