En ce début de 21e siècle, 1,2 milliard de personnes vivent dans la pauvreté extrême, la plupart étant des femmes. Plus de 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim et 50 000 meurent chaque jour de causes liées à la pauvreté. Pourtant, la pauvreté n’est pas un phénomène naturel. Elle s’explique par des causes politiques et en conséquence, elle peut être éradiquée par des actions politiques.
Les causes de la pauvreté sont nombreuses. Toutefois, la principale cause de la pauvreté réside dans l’inégalité des revenus et la mauvaise répartition des richesses. D’ailleurs, au cours des dernières décennies, l’écart s’est creusé davantage entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres.
Cependant, selon le Programme des Nations Unies pour le développement humain, nous sommes la première génération dans l’histoire à disposer de la capacité et des moyens de venir à bout de la pauvreté. En effet, la richesse mondiale par habitant a atteint un record historique : le pouvoir d’achat moyen par tête a été multiplié par trois au cours des 50 dernières années. De plus, la science a fait des progrès sans précédent, les réseaux de communication et de transport sont en place, de même que les institutions nécessaires. Selon un récent rapport de l’ONU, la production agricole actuelle pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains. Bref, la terre est largement en mesure de combler les besoins de tous et toutes. Par contre, sans une volonté et des actions politiques, cette richesse ne profite qu’à une minorité pendant que la grande majorité vit dans des conditions inhumaines.
Les Journées québécoises de la solidarité internationale participent à l’importante mobilisation citoyenne contre la pauvreté avec le slogan Un monde sans pauvreté : Agissons ! L’éradication de la pauvreté est abordée selon les quatre axes suivants : l’amélioration substantielle de l’aide internationale ; l’annulation de la dette des pays pauvres ; l’établissement de règles commerciales justes et équitables ; la couverture des besoins dans les protections sociales.
L’aide internationale
En 1970, une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU demandait que chaque pays avancé affecte 0,7 % de son produit national brut (PNB) à l’aide publique au développement. Or, 35 ans plus tard, les pays les plus riches de la planète sont loin d’avoir atteint cet objectif. Seuls le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, la Norvège et le Luxembourg dépassent ce seuil. Quant à lui, le budget canadien consacré à l’aide n’a cessé de fondre, passant de 0,50 % en 1991-1992 à 0,25 % en 2000-2001. Depuis, il y a eu quelques réinvestissements, nettement insuffisants, et au rythme actuel, le Canada n’atteindra l’objectif fixé par l’ONU qu’en 2033.
Le Canada peut prendre les mesures suivantes : atteindre d’ici 2015, l’objectif de 0,7 % du produit national brut fixé par l’ONU en établissant un échéancier qui prévoit une hausse de raide à 12 % pour chacune des trois prochaines années et à 15 % et par la suite, adopter une loi faisant de l’élimination de la pauvreté la finalité de l’aide internationale du Canada conformément à ses obligations en matière de droits de la personne.
La dette des pays pauvres
Les pays pauvres sont étouffés par de graves problèmes d’endettement. À titre d’exemple, en moyenne, 28 % des budgets des pays d’Afrique subsaharienne vont au remboursement de la dette. De plus, entre 1970 et 2002, les pays africains les plus pauvres ont reçu 298 milliards en capital et intérêts. Malgré cela, ils devaient encore plus de 200 milliards. 11 est donc essentiel de libérer ces pays du fardeau de la dette pour leur permettre d’augmenter les dépenses publiques et subvenir aux besoins vraiment essentiels de leur population tels que l’alimentation, l’eau potable, le logement, la santé, l’emploi, l’éducation.—
Le Canada peut agir au sein des institutions financières internationales : en plaidant pour l’annulation immédiate et inconditionnelle de la totalité de .la dette multilatérale et bilatérale contractée par les pays pauvres et en veillant à ce que cette annulation soit effectuée sans les conditions imposées jusqu’ici par la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, afin de permettre aux pays en développement de mettre en œuvre leurs propres programmes pour l’élimination de la pauvreté.
Les règles commerciales
La mondialisation a provoqué une croissance des échanges à l’échelle mondiale. Parallèlement, les pays les plus pauvres ne participent pas, ou très peu, aux négociations liées au commerce mondial. Ils ne peuvent donc pas y défendre leurs intérêts. Ainsi, le commerce international n’est ni libre ni équitable. L’énormité des problèmes liés à la pauvreté exige donc la révision des règles du commerce international.
Source : Texte tiré des outils produits par l’AQOCI dont le Carrefour de solidarité internationale est membre.




