ROMAN
Quelle écriture jubilatoire que celle d’Alona Kimhi, une Ukrainienne qui vit aujourd’hui à Tel-Aviv !
Lily la tigresse n’est que son deuxième roman, mais déjà elle s’affirme comme une voix profondément originale et assez hilarante. « 112 kilogrammes de femme » : ainsi se décrit Lily, hygiéniste dentaire de 30 ans, qui avoue sans ambages que son fiancé a annulé leur mariage à la dernière minute, subitement effrayé par son poids. Elle passe ses soirées avec Ninouch, belle et diaphane immigrante d’origine ukrainienne sauvée de la prostitution par Léon, juif de Miami « aussi laid que le dernier des crapauds », mais fabuleusement riche grâce à son invention d’une culotte électrique anticellulite. C’est, déjà, toute une faune délicieusement exotique, dans laquelle il faut indure l’ancien souteneur de Ninouch, un ressortissant de l’ex-URSS qui exploite en Israël la filière de l’Est. Ces personnages sont dépeints avec une verve et une fantaisie rares. Mais comment Lily se métamorphosera en tigresse (littéralement !) : telle est l’anecdote de ce roman hilarant dont la narratrice n’a décidément pas froid aux yeux.




