À Sherbrooke 1 citoyen-ne sur 25 se fait cambrioler chaque année (4.5 %). Nous avons demandé au sergent Normand Mercier, responsable de l’escouade de prévention du crime et de la sécurité routière, d’éclaircir pour nous les activités secrètes de ceux qui nous cambriolent.
Entrée Libre : Pouvez-vous nous faire un portrait-type du voleur Sherbrookois ?
Sergent Mercier : Le cambrioleur-type a de 15 à 35 ans. Il n’est pas un assisté social et en général il n’est pas dans le besoin. Il a presque toujours un dossier judiciaire. Il vit souvent du vol, n’a habituellement pas l’air d’un bandit (il s’habille bien pour ne pas se faire repérer). Il ne commet pas ses délits par impulsion et occupe parfois un emploi professionnel.
E.L. : Peut-on parler de groupes de voleurs organisés dans notre ville ?
S.M. : Souvent les détrousseurs travaillent seuls mais il existe de petits réseaux. Des receleurs recrutent des jeunes qui volent pour eux. Par exemple lors de l’arrestation d’un adolescent, on a remonté la filière, mettant ainsi à jour 25 vols à effraction du même coup.
E.L. : Quelle est la proie préférée des voleurs ?
S.M. : On vole les ordinateurs, les appareils vidéos, les fours micro-ondes, l’argent et les bijoux. Les chaînes stéréos et les téléviseurs sont de moins en moins subtilisés (ils sont trop volumineux et moins en demande).
E.L. : Quel quartier est le plus touché par les escrocs ?
S.M. : Présentement le sud-est de la ville a le plus haut taux de vol. Le Nord a le plus bas, peut-être dû au fait que la classe mieux nantie du Nord est mieux protégée (système d’alarme) que la classe moyenne du Sud-Est. En même temps que les effractions dans les commerces diminuent, ceux des résidences augmentent.
E.L. : Est-ce que tous les vols sont déclarés ?
S.M. : Nous estimons que seulement 45 % des vols sont rapportés. De ce 45 %, 15 % sont douteux; c’est-à-dire qu’ils sont exagérés ou qu’ils contournent la vérité. On solutionne 65 % des cas.
E.L. : Que faire après un vol chez soi ?
S.M. : Il ne faut toucher à rien. Le moindre indice peut permettre de reconnaître les habitudes de bandits déjà connus.
E.L. : Que peut-on faire pour se protéger ?
S.M. : Il faut connaître ses voisins et les aviser avant de vous absenter ou avant de partir en vacances. Laisser toujours une lumière allumée. Les portes qui se verrouillent par la poignée sont portes ouvertes pour les voleurs. Toujours se munir d’un verrou indépendant de la poignée (les intrus entrent presque toujours par la porte, contrairement à la croyance populaire).
Marquez vos objets de valeur en empruntant l’un des 24 burins. Vous n’avez qu’à réserver en appelant au Poste de Police à 821-5555.



