Vous volera-t-on ce soir ?

13 juin 1986

À Sherbrooke 1 citoyen-ne sur 25 se fait cambrioler chaque année (4.5 %). Nous avons de­mandé au sergent Normand Mercier, responsable de l’es­couade de prévention du crime et de la sécurité routière, d’é­claircir pour nous les activités secrètes de ceux qui nous cam­briolent.

Entrée Libre : Pouvez-vous nous faire un portrait-type du voleur Sherbrookois ?

Sergent Mercier : Le cambrio­leur-type a de 15 à 35 ans. Il n’est pas un assisté social et en général il n’est pas dans le besoin. Il a presque toujours un dossier judi­ciaire. Il vit souvent du vol, n’a habituellement pas l’air d’un bandit (il s’habille bien pour ne pas se faire repérer). Il ne commet pas ses délits par impul­sion et occupe parfois un emploi professionnel.

E.L. : Peut-on parler de groupes de voleurs organisés dans notre ville ?

S.M. : Souvent les détrousseurs travaillent seuls mais il existe de petits réseaux. Des receleurs re­crutent des jeunes qui volent pour eux. Par exemple lors de l’arres­tation d’un adolescent, on a re­monté la filière, mettant ainsi à jour 25 vols à effraction du même coup.

E.L. : Quelle est la proie préférée des voleurs ?

S.M. : On vole les ordinateurs, les appareils vidéos, les fours mi­cro-ondes, l’argent et les bijoux. Les chaînes stéréos et les télévi­seurs sont de moins en moins subtilisés (ils sont trop volumineux et moins en demande).

E.L. : Quel quartier est le plus touché par les escrocs ?

S.M. : Présentement le sud-est de la ville a le plus haut taux de vol. Le Nord a le plus bas, peut-être dû au fait que la classe mieux nantie du Nord est mieux protégée (sys­tème d’alarme) que la classe moyenne du Sud-Est. En même temps que les effractions dans les commerces diminuent, ceux des résidences augmentent.

E.L. : Est-ce que tous les vols sont déclarés ?

S.M. : Nous estimons que seule­ment 45 % des vols sont rapportés. De ce 45 %, 15 % sont douteux; c’est-à-dire qu’ils sont exagérés ou qu’ils contournent la vérité. On solutionne 65 % des cas.

E.L. : Que faire après un vol chez soi ?

S.M. : Il ne faut toucher à rien. Le moindre indice peut permettre de reconnaître les habitudes de ban­dits déjà connus.

E.L. : Que peut-on faire pour se protéger ?

S.M. : Il faut connaître ses voi­sins et les aviser avant de vous absenter ou avant de partir en va­cances. Laisser toujours une lumière allumée. Les portes qui se verrouillent par la poignée sont portes ouvertes pour les voleurs. Toujours se munir d’un verrou indépendant de la poignée (les in­trus entrent presque toujours par la porte, contrairement à la croyance populaire).
Marquez vos objets de valeur en empruntant l’un des 24 burins. Vous n’avez qu’à réserver en ap­pelant au Poste de Police à 821-5555.

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