Voilà, le journal que vous lisez présentement est différent des journaux comme La Tribune ou La Nouvelle. Sa différence fondamentale réside dans son caractère communautaire, en ce sens que toute personne intéressée et respectant l’orientation du journal peut s’intégrer à l’équipe de production (rédaction, montage, administration, etc…) et ainsi exercer un réel pouvoir de décision. Dans certaines régions du Québec, seuls les journaux communautaires répondent aux besoins d’information locale. Et pourtant…
Récemment, le ministre des Communications du Québec, M. Richard French, annonçait son intention d’abolir le PAMEC (Programme d’Aide aux Médias Communautaires) pour les secteurs écrits et télévisuels. Ce programme représente, pour la presse communautaire, une somme de 280 000,00 $ partagée entre 50 médias et leur association nationale (AMECQ). Avec ses 225 000 exemplaires mensuellement et rejoignant plus de 600 000 personnes réparties dans toutes les régions du Québec, on peut affirmer que la presse communautaire représente un apport important dans la communauté. Et pourtant…
L’existence d’un programme de subvention demeure important à cause de la nature même des journaux communautaires. Cependant, ceux-ci, tout en ne visant pas à faire des profits, ne veulent pas vivre de la charité gouvernementale, mais obtenir un soutien minimum des pouvoirs en place. Notons ici que la part d’autofinancement de ta presse communautaire est passée de 42 % en 83-84 à 70 % en 85-86. Nous voyons donc l’effort important mis pour augmenter l’indépendance financière des journaux.
Face à la concentration de la presse de plus en plus évidente au Québec, il demeure important de maintenir un réseau d’information « alternatif » sur le marché. Nous croyons que le gouvernement du Québec doit continuer à soutenir les 12 000 membres des journaux communautaires et les 1 600 bénévoles y œuvrant. Nous jugeons donc important de maintenir le programme PAMEC et ce, en fonction de l’existence de médias issus du Milieu.


