Au fédéral
À l’automne dernier, le gouvernement Harper annonçait des compressions de 1,1 milliard dans divers programmes destinés principalement à des organismes communautaires un peu partout au Canada (voir certains exemples dans le tableau ci-dessous). Ces compressions, le réaménagement et l’abolition de certains programmes semblent avoir des visées davantage idéologiques qu’économiques.
En effet, le gouvernement ne peut certainement pas invoquer le manque d’argent avec des surplus importants ces dernières années, dont un de 13,2 milliards en 2006 De plus, plusieurs de ces coupures touchent des questions moins en vogue chez les conservateurs : droits des femmes, des homosexuels, des autochtones, l’alphabétisation, soutien aux jeunes, etc.
Recommandations aux poubelles !
Un des programmes visés est le Placement carrière été (PCÉ) visant à accorder des projets en vue d’engager des étudiants et des étudiantes pendant la période estivale. La quasi-totalité des projets provient des organismes communautaires. En plus d’accorder une expérience de travail à des milliers de jeunes, ces projets permettent aux organismes de réaliser des projets qui ne pourraient voir le jour sans cet apport de ressources ponctuelles. Un des aspects intéressants de ces emplois demeure l’éveil de ces jeunes à la « vie citoyenne » et à la connaissance des organismes communautaires comme lieu d’apprentissage de la démocratie. La coupure annoncée de 50 millions signifie une diminution importante du nombre d’emplois qui seront créés l’été prochain. Pourtant, la TROVEPE (Table ronde des organismes volontaires d’éducation populaire de l’Estrie) était déjà intervenue publiquement et politiquement à l’automne 2002 pour demander une bonification de ce programme en vue d’améliorer les revenus associés aux emplois créés : augmentation du salaire de base (actuellement au salaire minimum), augmentation du nombre de semaines pour les projets (souvent à 6, 7 ou 8 semaines seulement), un minimum d’heures de travail par semaine, etc. Bref, la TROVEPE, par ses interventions, signifiait l’importance qu’elle accordait à ce programme.
Comme pour donner raison à la TROVEPE, un comité gouvernemental recommandait aussi une bonification de ce programme. Une lettre du député de Sherbrooke au fédéral, M. Serge Cardin, adressée aux ministres Finley et Blackburn l’énonce d’ailleurs clairement : « Le 31 mai 2006, à l’unanimité, le Comité permanent des Ressources humaines, du développement social et de la condition des personnes handicapées a déposé un rapport visant à améliorer le programme Placement carrière été En octobre 2006, ce même comité a adopté à la majorité (seuls les conservateurs ont voté contre) une motion demandant au gouvernement de maintenir le financement du programme au niveau de 2005-2006. » Par ces coupures, le gouvernement va carrément à l’encontre de ces recommandations.
Alerte au conservatisme !
Par l’ensemble de ces politiques néolibérales, le gouvernement Harper menace nos acquis sociaux dans plusieurs domaines et risque d’entraîner la fragilisation de plusieurs groupes communautaires au Québec. Face’ à ces menaces, les organismes communautaires et la population en général seront appelés à réagir vigoureusement au cours des prochains mois.
Cependant, il ne faut pas limiter nos interventions seulement contre le Parti conservateur, mais aussi contre les idées conservatrices en soi quel que soit le parti qui les « propage ».



