La Coopérative d’habitation du Possible
En octobre dernier, la Coopérative d’habitation du Possible fêtait dans la joie et la fierté son 25e anniversaire. Elle avait bien raison, car aujourd’hui, celle-ci compte au-delà de 30 membres et possèdent sept immeubles dans le quartier Centre-Sud de Sherbrooke. En plus de souligner cet événement, la Coop a reçu une plaque officielle pour la Maison des Deux Chênes, sa toute dernière acquisition située à deux pas du parc Racine, sur la rue Gillespie.
Pour connaître l’histoire de la Coopérative d’habitation du Possible, faisons un bref retour en arrière. « Quel esprit préside à la naissance des groupes populaires à Sherbrooke en 70 ? Le contexte socio-économique (chômage, bien-être social) amène l’action d’animateurs sociaux et la création de groupes de défenses pour développer une société nouvelle. » Et dans la foulée, « le mouvement coopératif d’habitation débute en 71 ».1
La Maison humaine
C’est ainsi qu’en novembre 1971, huit jeunes, étudiants en travail social, travailleurs sociaux et médecins, achètent une première maison, sur la rue LaRocque, dans le but d’aider les gens de ce quartier ouvrier. « À l’époque, selon les dires de Josée Vincent, la présidente actuelle de la Coop, « la plupart des gens du quartier croyaient alors que leur rêve (c’est-à-dire améliorer leurs conditions de vie sociale et économique) était impossible. Et pourtant, c’est ainsi qu’est née la Maison du Possible ».
Dès l’année suivante, le groupe acquiert une deuxième maison, appelée la Maison humaine. On la retrouve juste en face de la première. Cette demeure répondra aux besoins de trois personnes handicapées physiques désireuses de quitter depuis fort longtemps l’hôpital Youville. Entre temps, des démarches d’incorporation sont entreprises par le groupe et c’est en novembre 73 qu’a lieu la fondation de la Coopérative d’habitation du Possible.
Développement
En 1975, trois immeubles sont achetés coup sur coup : le Bloc populaire, rue Ball; la Maison Camirand et la Nouvelle Maison humaine sur Gillespie, qui sera davantage adaptée aux besoins des personnes handicapées physiques. Au nombre, s’ajouteront la Maison Brooks, la Petite Galt et, plus récemment, la Maison des Deux Chênes. Cette dernière témoigne de la vigilance de ses membres, anciens et nouveaux, qui ont toujours eu à cœur de gérer les fonds de la Coop afin de lui assurer un développement à long terme. En 79, la Coopérative du Possible s’associe, entre autres, avec Le Communord et la Coop des Cantons et fonde la Fédération des coopératives d’habitation populaire des Cantons de l’Est qu’elle quitte d’ailleurs à regret, en 1982, suite à un congrès d’orientation.
Implication sociale
Tout au long de ces années, on ne peut passer sous silence l’implication sociale de la Coop dans le quartier : programmes d’amélioration de quartier, actions dans la mise sur pied du CLSC du Centre-Ville, participation au Comité de citoyens, contribution à l’organisation de la fête de, quartier « Prendre Racine ». Rendre le rêve possible pour tous ces gens, la Coop l’aura réussi à sa manière. Elle a pris racine en offrant aux familles du quartier des logements convenables et à prix raisonnables. Chacune et chacun se sent concerné, a un rôle à jouer au niveau des décisions et s’implique davantage comme citoyenne et citoyen. La prise en charge de son milieu de vie, n’est-ce pas là la meilleure forme d’application d’éducation populaire autonome ?
Source : Josée Vincent, Présidente de la Coopérative d’habitation du Possible
- Françoise Roberge, Groupes populaires, une histoire qui parle. Entrée Libre, vol. IV, no 1, 26 février 1989.



