Agir contre la pauvreté MAINTENANT ! ! !

1 novembre 2002

Projet de Loi 112

Présentement, à Québec, s’effectue la Commission parlementaire sur les affaires sociales, concernant le projet de Loi 112, visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Comme la plupart des organismes communautaires autonomes, la TROVEPE trouve qu’il y a de profondes lacunes dans ce projet de loi.

La pauvreté touche plus de 20 % des Estriennes et Estriens. Travailler pour l’éli­mination de la pauvreté ce n’est pas seulement une question de vertu et de long terme. C’est aussi d’avoir la volonté de mettre en place tout de suite des mesures permettant de diminuer les effets négatifs de la pauvreté sur ceux qui les vivent, avec en perspective à plus long terme d’éliminer ses causes et ses effets. Pour plusieurs, savoir ce qu’ils vont manger demain est le problème majeur. Il est primordial que le gouvernement reconnaisse et fasse respecter le droit de toutes et tous à la couverture des besoins essentiels tels l’alimentation, le logement, la santé, les vêtements et les loisirs.

La, Table ronde des orga­nismes volontaires d’éduca­tion populaire de l’Estrie (la TROVEPE) est un regroupe­ment intersectoriel d’orga­nismes qui travaillent à l’amélioration des conditions de vie des plus démuni-e-s et des travailleuses et travail­leurs. Ses principaux objec­tifs sont de favoriser une meilleure répartition de la richesse, l’équité entre les sexes et les différentes eth­nies, ainsi qu’à la reconnais­sance et la défense des droits individuels et collectifs.

Des actions concrètes et significatives

Dans la foulée du projet de Loi 112, le gouvernement du Québec reconnaît l’impor­tance de lutter contre la pauvreté, mais malheureuse­ment, il ne prévoit pas d’action significative à court terme. Dans ce sens, la TROVEPE réclame l’adop­tion de mesures d’urgence concrètes et significatives.

La crise du logement force 7600 familles sherbrookoises à utiliser plus de 50 % de leur revenu pour payer le loyer. Ces familles n’ont pas l’argent pour combler l’ensemble de leurs be­soins essentiels. En ce moment, le logement privé ne réussit pas à offrir assez de logements dé­cents à prix raisonnable. La TROVEPE appuie donc la revendication des associations de locataires visant la mise sur pied, dans les plus brefs délais, d’un vaste chantier de construc­tion de 8000 logements so­ciaux par année, dont 176 en Estrie.

Le droit universel à la santé fait de nombreux dé­bats à l’heure actuelle, mais la discussion est plus silen­cieuse au niveau du droit à l’obtention des médicaments. Plusieurs personnes doivent se priver de médication, car elles n’ont pas les moyens de s’offrir les médicaments dont elles ont besoin. C’est le cas, entre autres, de plusieurs petits salariés, de prestataires d’aide sociale et de person­nes âgées. Le droit à la santé doit invariablement com­prendre le droit à l’obtention des médicaments pour tous et toutes.

Le droit à une qualité de vie

Par ailleurs, le gouverne­ment a reconnu que même si l’on travaille à temps plein au salaire minimum, on vit pau­vre. Au Québec, le seuil de pauvreté, pour une personne seule, se situait, en 2001, à 18 849 $. Le taux horaire minimum de 7,20 $ en vigueur depuis le 1er octobre dernier donne annuellement 13 104 $ pour des semaines de 35 heu­res de travail. C’est un man­que à gagner de plus de 5 500 $ par année ! ! ! En ce sens, la TROVEPE exige une augmentation substantielle du salaire minimum, afin de per­mettre à tous les travailleuses et travailleurs de jouir d’un niveau de vie décent.

Pour ce qui est de l’aide sociale, le gouvernement du Québec fait un projet de Loi pour éliminer l’exclusion sociale, mais il la crée lui-même en maintenant sa clas­sification de personnes aptes et inaptes au travail dans son programme de l’assistance-emploi (aide sociale). Le fait de qualifier, voire étiqueter les personnes qui reçoivent de l’assistance-sociale, pro­duit une forme de stigmatisa­tion sociale, donc d’exclu­sion. La TROVEPE réclame l’augmentation substantielle immédiate des prestations d’assistance-emploi, sans dis­crimination envers les per­sonnes.

La TROVEPE ne pourra pas appuyer le projet de Loi 112 visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion so­ciale s’il ne contient pas les principes, la stratégie et les mesures concrètes énoncés plus haut. Le travail de la TROVEPE auprès des orga­nismes de bases œuvrant avec les personnes les plus démunies confirme la néces­sité d’une loi contre la pauvreté et l’exclusion so­ciale, mais cette loi doit contenir des mesures concrè­tes et significatives qui permettront l’atteinte de ses objectifs.

 

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