Bouclier antimissile : Martin dit « non merci »

1 mars 2005

Le premier ministre Paul Martin a finalement dit non au bouclier antimissile. Gageons que la volonté citoyenne a eu son impact. La population ne voulait pas de ce projet qui aurait été aux antipodes des positions diplomatiques his­toriques du Canada en matière de désarmement.

Les Étasuniens cherchaient un appui symbolique pour légi­timer leur décision de cons­truire un bouclier, car tous les pays du monde leur disent de ne pas mettre en œuvre ce der­nier. Ce projet risque de donner un nouveau souffle à la course aux armements qui était en veilleuse depuis la fin de la guerre froide à la fin des années 1980. La Chine et la Russie ont déjà déclaré travailler à faire de nouvelles armes capables de déjouer un tel bouclier.

Cependant, le nouvel ambas­sadeur du Canada au États-Unis, Frank McKenna, affir­me que notre pays participe déjà au bouclier en échangeant de l’information. L’accord de NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) a été modifié récemment pour per­mettre l’échange d’informa­tions recueillies par les radars entre les deux pays.

La population canadienne et particulièrement québécoise, croit que la paix se gagne par la paix et par le respect des droits humains et non par la peur et la guerre. Le Canada a toujours été un pilier mondial de l’ap­proche diplomatique et du désarmement. La population a rappelé ses valeurs fonda­mentales aux élus fédéraux.

L’influence citoyenne

Au Québec, il y a eu une péti­tion et 40 000 cartes postales signées et envoyées directement au premier ministre lui demandant de ne pas y par­ticiper. De nombreuses lettres ouvertes ont été acheminées aux divers journaux et plusieurs groupes se sont mobilisés.

En 2003, lors des mobilisa­tions contre l’invasion anglo-étasunienne en Irak, la po­pulation martelait : « Non à la guerre ! Oui à la paix ! » Cela a eu pour effet que le Canada n’a pas participé à cette guerre illégitime, affirmant ainsi sa souveraineté et l’influence du peuple sur ses décisions. Dans un second souffle, la popula­tion canadienne s’est mobilisée pour forcer le premier ministre à dire non au, bouclier.

Malgré cette bonne nouvelle, la population doit demeurer vigilante, car la non-partici­pation du Canada n’est pas assurée à long terme. Un glis­sement pourrait être facile, car depuis quelques mois la même personne commande à la fois les activités du bouclier antimissile et celles de NORAD, où le Canada participe étroitement.

Aujourd’hui, prenons le temps de nous dire que le Canada a choisi d’exercer sa souverai­neté face aux États-Unis pour dire haut et fort : « Oui à la paix durable ! ! ! »

 

 

 

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