AVORTEMENT, LE CHOIX C’EST POUR QUAND ?

15 février 1986

En 1985, une montée des fondamentalistes PRO-VIE centre les débats sur les droits des fœtus en excluant délibérément ceux des femmes. Que ces fœtus deviennent des bébés, puis des enfants à élever moralement, matériellement et socialement, semble être loin de leurs préoccupations.

Le refus d’une femme d’accomplir « sa fonction maternelle » est, pour les gens en général, un choix personnel. Pourtant ce libre-choix n’est pas un droit acquis. L’avortement est encore au code criminel. L’avor­tement n’est légal que s’il est thérapeutique, reportant le pouvoir de faire des avortements au domaine médical. Il est prouvé qu’il y a une grande résistance en milieu hospitalier à offrir ce service (dans une enquête de la coordination nationale pour l’avortement libre et gratuit, 1980).

Les luttes et les revendications des femmes, depuis la légalisation de l’avortement (1969), ont réussi à émouvoir beaucoup de gens. Les procès de Morgentaler, les différentes prises de positions publiques des femmes, des médecins, des politiciens, des évêques et des partisans de PRO-VIE ont fait couler beaucoup d’encre et remuer beaucoup de consciences. Mais concrètement on en reste au débat moral.

Cette année, une campagne à la grandeur du Canada et du Québec vise à remettre les droits des femmes au premier plan. Sous forme de « tribunaux populaires », on y jugera la loi actuelle de l’avortement, en soulignant son caractère injuste. Des femmes de tout âge iront témoi­gner de leur vécu. « Crime contre les femmes : la loi canadienne en procès » est une idée et une initiative du comité canadien d’action (CCA) sur le statut de la femme. L’organisation de ces tribunaux sera prise en charge par différents groupes de femmes de chaque province.

De janvier à juin, dans plusieurs grandes villes, se déroulera cette série de proies à suivre. (Au Québec ce sera au printemps), L’événement majeur sera en juin lors de ta conférence nationale du CCA.

L’avortement, on le sait, soulève bien des préjugés, mais il y en avait et il y en aura toujours, unissons donc nos efforts pour une société plus juste, basée sur le respect des individus. Les femmes ne sont pas que des reproductrices, des fournisseurs d’enfants. Donnons-leur le droit de décider elles-mêmes d’enfanter ou non, donnons-leur le libre choix.

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