D‘après un rapport sur la situation de la scolarisation de la population québécoise, les adultes présentent cer­taines lacunes éducatives et ont des besoins évidents en matière de formation scolaire de base.

Le tableau ci-dessous nous montre assez clairement la situa­tion concernant la scolarisation et les groupes les plus touchés.

Pour les adultes, l’accès au ré­seau d’éducation peut se faire par le biais de l’Éducation des adultes. Cet accès s’est modifié quelque peu en 1984-1985, parti­culièrement avec l’application du programme « Rattrapage sco­laire ».

En Estrie, un rapport du « Ser­vice régional d’accueil et de réfé­rence » nous indique que plus de 4 095 adultes ont fait une de­mande de service en 83-84 (éva­luation des acquis scolaires et expérientiels, orientation, informa­tion scolaire et professionnelle, etc…). « En 1984-1985, nous in­dique le rapport, la demande de services s’est accrue de 30 % pour la période d’août 84 à janvier 85, principalement à cause de la mise en place des mesures de relance gérées par le ministère de la Main-d’œuvre et de la Sécurité du revenu ». Un des volets impor­tant de ces mesures demeure le programme « Rattrapage sco­laire ». Ce programme vise parti­culièrement à soutenir les as­sistés-es sociaux-ales, les jeunes et les responsables de familles monoparentales.

L’éducation des adultes est, par sa structure, un moyen pour l’adulte de se recycler ou se for­mer plus rapidement que par le réseau régulier. En ce sens, c’est un système d’appoint sûrement pas à dédaigner, particulièrement pour les femmes voulant revenir ou entrer sur le marché du travail.

Par contre, se basant sur les données du rapport, on peut soupçonner le chômage d’être le principal incitateur au recyclage et non pas le désir fou d’acquérir un diplôme du secondaire ou d’é­tudes professionnelles. En effet, 57 % des personnes se référant aux services d’éducation pour adultes sont sans emploi, 25 % travaillent, tandis que 18 % sont au foyer.

Nous pouvons donc penser fa­cilement que le gouvernement veut se donner bonne conscience en favorisant le retour aux études plutôt que de créer des emplois. D’ailleurs, en questionnant des gens qui suivent des cours au Centre St-Michel (centre d’édu­cation des adultes de Sher­brooke), il est très fréquent d’ob­tenir des réponses genre « c’est un emploi que je veux, mais il n’en existe pas… » ou « ici ça passe le temps en attendant… » ou encore « ça va peut-être m’avantager plus tard mais… »

À l’éducation des adultes, comme dans le réseau scolaire ré­gulier, on entre comme dans un ascenseur, mais on ne sait pas tou­jours si elle va s’arrêter, des­cendre ou monter…

Tant mieux s’il existe des me­sures pour hausser la scolarisa­tion québécoise, mais comme moyen de combattre le chômage chronique que nous connaissons, n’aurait-t-on pas pu trouver mieux…

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