Changement de décor au coin Galt et Belvédère

1 août 2004

DOSSIER – Revitalisation du quartier ouest

Depuis environ un an, on note beaucoup d’activités dans le secteur Galt-Belvédère. Des usines implantées au début du 20e siècle ont été démolies et/ou restaurées pour faire place à un développement commercial. Et cette reconfiguration se poursuit, encore et encore.

L’ouest industriel ! Voilà com­ment jadis on faisait référence au carré commercial des rues Courcelette, Rand, Belvédère Sud et Cala Ouest. Avec l’arri­vée de la voie ferrée vers la fin du 19e siècle, une important zone industrielle s’y est dé­veloppée. Déjà, à l’époque, le quartier fourmillait d’une po­pulation ouvrière, à majorité canadienne-française, œuvrant dans les domaines de l’industrie mécanique et du textile. Au début du 20e siècle, d’autres industries vinrent occuper le secteur, telles la fonderie Unitcast et la S.W. Hooper, cette dernière spécialisée dans la fabrication d’équipements pour les pâtes et papiers. Au fil des ans, le secteur indus­triel s’est transformé en une zone commerciale où l’on y retrouve aujourd’hui la Place Belvédère, un Familiprix et une caisse populaire. D’autres commerces viendront s’ajouter sous peu.

De l’industriel au commercial

Jusqu’à tout récemment, le patrimoine industriel du secteur était demeuré à peu près intact ; du moins, jusqu’à ce que les propriétaires de la Hooper et de la Unitcast an­noncent leurs fermetures, ne possédant plus les moyens financiers et technologiques pour répondre aux besoins actuels du marché. Depuis, les événements se sont précipités. Le Groupe Saint-Pierre, en­trepreneur en construction, est entré en scène et a flanqué le bull sur les deux usines. De ces ruines, de nouvelles vocations commerciales ont pris vie. Restauré, le bâtiment de la Hooper abrite à présent une pharmacie Familiprix, le cen­tre Physio-Sport Excellence ainsi que la Clinique Médicale du Plateau Marquette. De plus, on annonce l’ouverture prochaine d’un IGA-Extra pour l’automne 2004.

Par ailleurs, l’ancien site de la Unitcast a été transformé en aire de stationnement pour la clientèle du complexe Famili­prix. Cet espace pourrait également desservir d’éven­tuels résident-es de condos dont le Groupe Saint-Pierre envisage la construction. Finalement, du côté sud de la rue Belvédère, on retrouve l’édifice Mailhot. Ce dernier, qui a longtemps abrité une bouti­que informatique au rez-de-chaussée et des bureaux à l’étage, sera complètement rasé, de même qu’un immeuble de sept logements adjacent. Le promoteur, Martin Proulx, compte y implanter un com­plexe commercial dès octobre 2004. Déjà propriétaire de trois stations-service en région, M. Proulx en établira une au coin Galt-Belvédère. Un dé­panneur et un restaurant compléteront le projet au coût de 1,3 million de dollars. On peut donc conclure que dès l’automne, ce coin historique aura subi d’importantes transformations.

Il est important de souligner que cette reconfiguration du secteur se fait dans une pers­pective de sensibilisation environnementale et architecturale. Ainsi, les matériaux récupérables seront conservés, et la structure de la Hooper devrait être en partie préservée. Le mur de briques extérieur de l’ancienne chauf­ferie du côté Galt Ouest devrait être épargné. De même, l’architecture du nouveau com­plexe commercial qui surgira des ruines de l’édifice Mailhot devrait utiliser de la brique rouge. D’ailleurs, l’intérieur rénové de l’ex-Hooper se plie au souci architectural avec un partage équitable de matériaux patrimoniaux et modernes, la brique et le béton.

Ça déménage !

Les travailleuses et travailleurs de la Unitcast ont été en partie transférés dans une usine de Thetford Mines. Néanmoins, on note quelques pertes d’em­ploi. La Hooper, quant à elle, a définitivement fermé ses portes. Au terme de sa dégrada­tion graduelle, on ne comptait qu’une trentaine d’employé-e-s. Au total, on estime à 300 le nombre de pertes d’emploi.

Aux dires du conseiller muni­cipal de l’arrondissement Mont-Bellevue, Serge Faquin, les résident-e-s de l’immeuble de sept logements adjacent à l’édifice Mailhot ont été re­localisés. Quant à la boutique informatique, elle mettra la clé dans la porte. Par ailleurs, k porte-parole du Groupe Saint-Pierre, Denis Hébert, prévoyait la création de quel­que 250-300 emplois avec l’ouverture du complexe com­mercial localisé sur les lieux de l’ex-Hooper. Le IGA-Extra, pour sa part, devrait permet­tre d’offrir près de 150 postes.

Les temps changent…

D’un secteur industriel à cheval sur la voie ferrée, le coin Galt-Belvédère s’est méta­morphosé en un complexe commercial et les consomma­trices et consommateurs ont remplacé les ouvrières et ouvriers. À mi-chemin entre le souci du patrimoine et le besoin de renouveau, les Fulls frappent dans le passé : tant bien que mal, on tente de préserver un peu de ce qui a été fait tout en l’améliorant. De la brique, du béton, des stationnements asphaltés décorés d’arbres : le luxe et l’apparence sont de mise. Des condos pourraient être bâtis au détriment de logements sociaux. Des millions ont été et seront dépensés pour har­moniser les matériaux et faire beau. Les temps changent et les besoins des gens aussi. Mais que l’on s’assure que l’innovation des uns fasse au moins le bonheur de tous !

 

 

 

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