Commerces et centre-ville : quels choix avons-nous ?

1 janvier 2003
Crédit image : Yanick Bilodeau

Le centre-ville de Sherbrooke n’est certainement pas l’un des plus attrayants et pratiques qui soit. Cette constatation ne se veut pas pessimiste, mais reflète malheureusement une certaine réalité. En tant que résident du quartier, je propose ici à nos lecteurs et lectrices un survol de la situation qui prévaut au royaume de la fameuse rue Wellington Nord, plus familièrement appelée la « Well ».

Ce qui fait la spécificité du cœur d’une ville, ce sont d’abord ses commerces et services. Et que retrouve-t-on dans ces domaines au centre-ville ? Beaucoup de boutiques spécialisées mais d’accès restreint pour la majorité des gens (ex. : mer­ceries pour hommes Pour lui et Daniel Labonté).

Petites choses utiles ? ? ?

Le visiteur remarque immé­diatement une chose : les vêtements sont roi sur Wel­lington ! Mais pour ce qui est de boutiques dites utilitaires, on peut chercher longtemps… Il n’y a même plus de phar­macie depuis quelques an­nées, et ce, malgré le vieillis­sement de la population et la proximité d’une résidence pour personnes âgées. Bien sûr, il y a une tabagie, où on retrouve un vaste choix de revues. Et un dépanneur, mais ce dernier fonctionne uniquement grâce au termi­nus de la Station du dépôt. (On l’a vu lors des récentes journées de grève du trans­port en commun : lorsque le service a été interrompu, le dépanneur s’est vu contraint de fermer temporairement lui aussi). Pour les vidéophiles du centre-ville, il y a aussi un club vidéo qui vient fournir un divertissement à peu de frais. Et les incontournables restaurants et cafés. Mais toujours est-il que les petites choses utiles de la vie quo­tidienne sont difficiles à trouver. Et que dire de l’ab­sence totale de guichets auto­matiques alors que nous som­mes entourés de commerces, restaurants et cafés ! Pas très pratique, n’est-ce pas ?

La tendance se maintient

De fait, l’annonce récente de la construction d’un nou­veau supermarché (et de trois !) à proximité du Carre­four de l’Estrie confirme la tendance de l’aménagement urbain à Sherbrooke : on déplace le centre-ville là où se retrouve la plus grande concentration de commerces sous un même toit, ou juste à côté du gros centre commer­cial. Momo sports, com­merce bien implanté au centre-ville l’a compris en déménageant ses pénates dans ce secteur. Magasin au look plus attrayant, espace de stationnement accru, tout cela est bien pratique. Mais depuis , un autre site commer­cial vacant a poussé sur Wellington…

En réponse à ces « espaces fantômes », certains artistes ont décidé d’agir en embel­lissant quelques vitrines lais­sées vides de leurs œuvres. De plus, le club de modélis­tes a installé une maquette composée de trains minia­tures entourés des anciens bâtiments du Sherbrooke d’antan, juste à côté de la boutique Orner Deserres. Belles initiatives qui redon­nent un peu de lustre à ces vitrines abandonnées et qui cadrent avec l’emphase mise sur l’aspect culturel du centre-ville maintenu par les boutiques d’encadrements, d’arts plastiques, les galeries d’art et les théâtres…

De même, on ne peut qu’applaudir à la revitalisa­tion du théâtre Granada; aux rénovations de la Maison du cinéma avec son style « art déco », ses nouvelles salles ainsi que ses espaces de sta­tionnements; aux améliora­tions apportées au Dunkin’Donuts, même si ces rénovations plus longues que prévues, ont privé les employées de leur maigre pitance (mais ça, c’est une autre histoire, me direz-vous…).

Outre tous ces efforts bien­venus, on remarque que les « événements spéciaux » te­nus au centre-ville souffrent d’un manque de publicité. La dernière parade du Père Noël (en plein milieu novembre soit dit en passant, mais bon…) a quand même attiré une bonne foule, mais la pos­sibilité d’amener ses enfants voir le gentil barbu au Carrefour, bien au chaud, est toujours plus attrayante pour les gens. Et que dire de l’exposition de voitures an­ciennes au printemps der­nier ? Encore là, l’informa­tion a été peu diffusée et l’or­ganisation bâclée à ce qu’il semblerait. Les participants ne connaissaient pas exacte­ment l’emplacement où ils devaient se garer.._ du moins, c’est ce qui a été entendu à travers les branches. Bref, l’expression voulant qu’un centre-ville constitue le cœur et l’âme d’une cité reste encore à prouver en ce qui concerne Sherbrooke. On a plutôt l’impression que c’est le secteur nord de la ville qui joue ce rôle. Notre centre-ville, tel qu’il est actuelle­ment, ressemble davantage à un poumon artificiel…

 

 

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