DURANT les magnifiques jours de dégel que nous avons connus en mars, j’ai fait une belle découverte musicale que je suggère fortement à nos lecteurs et lectrices, question d’imaginer que notre printemps québécois – intermittent – finira bien par s’installer de façon définitive. Ce n’est pas une nouveauté puisqu’elle est disponible depuis 2002 mais il y a d’excellentes chances que vous ne connaissiez pas les musiciens. Je vous mets donc la puce à l’oreille, comme on dit.
RENCONTRE inter-ethnique entre les continents africain et nord-américain, Malicool est un projet auquel a participé le tromboniste Roswell Rudd. Qui est-il ? Rien de moins qu’un des piliers du free jazz des années soixante. Il jouait alors au côté du saxophoniste engagé (au jeu enragé) Archie Shepp. Voilà pour les origines. D’ailleurs, l’album offre en guise d’ouverture une des vieilles compositions de Rudd, intitulée Bamako, de circonstance puisque c’est dans cette ville du Mali que l’enregistrement a eu lieu. C’est d’ailleurs après l’écoute de la musique du Malien Toumani Diabate que notre tromboniste a songé à une collaboration avec lui. Il a adapté sa sonorité résolument jazz à celle de la culture musicale africaine.
LE RÉSULTAT ? Une sorte d’hybride qui plaira sans aucun doute aux amateurs de jazz et de musiques du monde car ces deux univers s’unissent ici à merveille et la majorité des pièces sont instrumentales. Roswell Rudd a un son tantôt doux, tantôt plus musclé, comme dans la pièce titre. L’accompagnement africain est composé d’instruments à cordes et de légères percussions, mais rien d’agressant. Ces musiciens donnent à entendre des rythmes tropicaux, donc chaleureux ; leur musique possède une fraîcheur et une verve véritablement printanière… Le disque se termine justement par une interprétation empreinte de sérénité, basée sur le célèbre thème final de la De Symphonie de Beethoven, « L’Hymne à la joie ».
LA JOIE communicative de ces musiciens se rend facilement aux oreilles de l’auditeur. À découvrir, de préférence dans la douceur des jours ensoleillés que le printemps finira bien par nous offrir. L’album est disponible dans la section jazz à la bibliothèque municipale Éva-Senécal… mais demeure probablement introuvable dans les magasins sherbrookois !



