Nouveaux développements en ville
Sherbrooke est une ville qui se distingue, entre autres, par ses espaces verts. Il est facile de trouver, près de chez soi, des endroits bien garnis d’arbres où il fait bon apprécier la nature. Cependant, certaines décisions de l’administration municipale laissent craindre le pire pour les bois sherbrookois, que le développement, tant commercial que résidentiel, menace de plus en plus.
Promenons-nous dans le bois
Un des plus beaux endroits boisés de la ville de Sherbrooke est sans conteste le bois Becket, dont une partie a été déclarée « forêt ancienne ». Bien que la Ville l’épargne, pour l’instant, il n’en est pas de même pour les espaces boisés qui l’entourent. Depuis quelques temps, en effet, les maisons y poussent comme des champignons.
Des pâtés de maisons remplacent maintenant la végétation qu’on y trouvait. Et quelles maisons ! Loin du logement social, ces développements résidentiels ne profitent qu’à une certaine partie de la population : la plus aisée.
Le secteur autour du bois Becket, dans lequel des producteurs maraîchers vivaient tranquillement, est donc en train de se transformer en quartier huppé, avec des maisons presque toutes pareilles — toutes immenses en tout cas — où l’on ne retrouve d’arbres que ce que les promoteurs ont bien voulu laisser. Bientôt, le bucolique aura entièrement cédé sa place aux concours de pelouses, le tout sans égard pour la majorité des Sherbrookois et Sherbrookoises.
Si le loup y était, il nous mangerait
Ne lésinant pas sur le développement et semblant avoir un goût particulier pour la déforestation et l’empiètement des terres agricoles, la Ville a également permis la construction d’un Wal-Mart dans le Nord de la ville, sur le Plateau Saint-Joseph. Pour s’y rendre, le nouveau boulevard Mgr Fortier sillonne d’anciens boisés et traverse de regrettés champs de cultivateurs.
Bientôt, des condos peupleront cet espace et d’autres magasins à grande surface y viendront. Au profit de qui, encore une fois ? Chose certaine, pas à celui des commerçants du centre-ville, ou encore de ceux des Terrasses Rock Forest, qui risquent l’extinction avec l’avènement de tels géants de la vente au détail.
Les arbres ne sont donc pas les seuls perdants dans cette aventure développementielle et les services publics n’y échappent pas. La construction du Wal-Mart fut une excellente occasion pour permettre l’intrusion, une fois de plus, du privé dans le service public de transport en commun. En effet, au lieu d’assurer elle-même la desserte du Plateau Saint-Joseph, la Société de transport de Sherbrooke (STS) a octroyé un contrat à la firme privée Promenade de l’Estrie, ce avec les 200 000 $ que lui avait versés la Ville de Sherbrooke. L’argent de la population sert donc présentement à une compagnie privée au lieu de servir la communauté.
Loup, où es-tu ? Que fais-tu ?
Décidément, une partie de la population sherbrookoise a une vision de cette ville qui rime avec gentrification* et développement économique sauvage. Mais est-ce vraiment ce que la majorité désire ? Est-ce vraiment ce que nous voulons ?
L’équipe d’Entrée Libre croit qu’il serait temps que la population se questionne à ce sujet et l’invite à prendre les moyens nécessaires pour faire comprendre aux élu-es de la ville ses réelles volontés en matière de développement. Comme les prochaines élections municipales sont prévues pour novembre 2005, l’occasion serait idéale de le faire. Le choix est simple : voulons-nous favoriser les arbres, ou simplement les loups ?
* Favoriser ou concentrer une forme de développement pour une classe aisée




