Des jeunes sherbrookois réclament justice !

Date : 9 avril 2012
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Du 25 au 27 juin se déroulait à Toronto le G8/G20, événement où plusieurs Sherbrookois-es ont manifesté leur opposition à la globalisation économique. Lors de cette rencontre, les dirigeants des pays les plus riches se sont entendus sur des mesures régressives qui augmenteront l’écart entre les riches et les pauvres et qui nuiront, à long terme, aux générations à venir.

Néo-libéralisme

Selon Leo Panitch, expert canadien des crises économiques, le G8/G20, par ces mesures d’austérité, « cherche d’abord à empêcher à tout prix qu’il y ait des mesures qui contrôleraient les profits des banques et la circulation du capital, comme ce fut le cas après la Grande Dépression ».

Pour faire simple, on a rejeté l’idée d’une taxe aux banques pour plutôt renflouer les coffres de ces dernières en votant de réduire les dettes publiques mondiales de moitié. «Il est très clair que la priorité est de remettre en marche la libéralisation des marchés et d’aligner la planète sur la voie néolibérale» affirme Olivier Denis, qui a manifesté contre le G-20 et qui fut arrêté pendant son sommeil à l’Université de Toronto. «C’est à cause de mes opinions politiques que je fus arrêté.» croit celui qui fut délégué par le RAJ à la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC).

Pas question de s’attarder au sort des femmes en Arabie Saoudite, des droits autochtones, de la pauvreté ou de l’environnement. C’est pour ces raisons que le RAJ rejette cette conférence mondiale qu’il juge illégitime : « Nous croyons que l’économie, sans perspective sociale, humaine et environnementale, ça s’appelle l’enrichissement des riches sur le dos du reste de la planète. Le G8/G20 ne règlera rien à la crise mondiale que l’on vit. » indique Francis Poulin, porte-parole du RAJ.

C’est d’ailleurs à cause de ces enjeux que la mobilisation anti G8/G20 a eu une grande importance, dont une manifestation autochtone de plus de 5000 personnes, un moment historique qu’aucun média n’a couvert.

Répression

Le déploiement immense de forces policières et le fait que la province de l’Ontario ait réanimé la Loi sur la protection des travaux publics, justifiant des fouilles, identifications et arrestations sans mandat, constituait déjà un pas de trop dans la dérive sécuritaire. Selon un rapport d’Amnistie Internationale, ces deux mesures ont « créé un climat d’intimidation décourageant les citoyens à manifester ». «Les gens de Toronto étaient épuisés et la majorité refusaient de sortir seuls, de peur de se faire contrôler et arrêter dans la rue.» dit Benjamin Zielinski, jeune militant de Greenpeace à Sherbrooke qui fut arrêté le dimanche matin.

Suite aux arrestations massives durant le G8/G20, le RAJ a tenu un point de presse le 6 juillet dernier pour dénoncer le viol des droits et libertés et pour exposer les témoignages de quatre Sherbrookois qui ont été incarcéré lors de ces sommets.

« Nous nous somme réunis derrière le Palais de justice de Sherbrooke pour réclamer une plus grande justice sociale et que justice soit faite pour les gens arrêtés injustement qui, comme nous, virent leur droits fondamentaux complètement bafoués.», explique Frank Lévesque-Nicol qui fut détenu durant 60 heures, rationné, insulté et retenu sans droit à parler à un avocat. Cet étudiant en philosophie qui a reçu une bourse pour aller étudier en France se dit maintenant renforcé dans sa volonté de lutter contre cette globalisation et a perdu toute confiance en le travail des policiers. C’est un sentiment partagé par les autres jeunes présents qui furent incarcérés. «Des droits simples tels qu’avoir droit à un avocat, le droit de manifester pacifiquement, le droit à la vie privée, la liberté d’association, de presse et d’expression ne furent pas respectés.» rajoute Benjamin Zielinsky.

Le Canada s’était pourtant fait enjoindre par l’Organisation des Nations Unies (ONU) d’assurer tant la sécurité que le maintient des libertés. L’ONU avait fait cette demande suite au Sommet des Amériques à Québec.

Et pourtant il y a des récits comme celui de Guillaume Ravary-Ouellet, autre Sherbrookois qui, à sa sortie, s’est déclaré prisonnier politique démontrant que les arrestations violaient son droit à la liberté d’expression. «Ça m’a pris 18 heures avant de faire un appel et j’ai reçu une injection sans mon consentement » affirme-t-il. «Ils ont fait deux fois plus de victime que lors de la crise d’Octobre. C’est très symbolique.» juge-t-il. Même son de cloche du côté de Camille Toffoli, qui ne pouvait être présente mais qui a envoyé un témoignage de son incarcération au RAJ : «Dans ma cellule, des artistes improvisées utilisèrent les verres de carton que l’on nous fournissait pour boire. Elles les insérèrent dans le grillage de notre cage afin d’écrire la phrase : « This is what democracy looks like! ». Percevant cela comme une menace, je suppose, les flics se firent un plaisir de faire tomber les lettres une par une, réduisant ainsi à un tas de déchets le dernier bastion de notre liberté d’expression. »

Lors de ce point de presse on présentait une œuvre symbolique sur une vitre de grande dimension sur laquelle on avait peint le signe de paix fait de fils barbelés et l’inscription « Liberté de presse, d’expression et d’association ».

« Si forces policières de Toronto ont utilisé les bris matériels pour justifier des centaines d’arrestation arbitraires et illégales, nous voulons transmettre un message clair en brisant symboliquement cette œuvre qui représente le confinement de nos libertés. Il n’existe aucune justification qui permette de mettre fin aux libertés civiles. C’est pourquoi le RAJ joindra sa voix aux autres organisations sociales qui revendiquent la tenue d’une enquête publique. », termine Francis Poulin, « Nous n’accepterons pas que le G8/G20 justifie le bris de la paix sociale. »

Francis Poulin, porte-parole

Le RAJ est une organisation communautaire fondée, contrôlée et gérée, de façon autonome et démocratique, par des jeunes dont le but est de défendre de manière collective les droits et intérêts des personnes de 18-35 ans. Il a pour objectif de réunir des jeunes de tout horizon (étudiantEs, excluEs du marché du travail, travailleurs/euses etc.) et qu’il s’attaque particulièrement aux injustices touchant la jeunesse.

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