Éducation et « fric »

1 février 2004

Financement des universités…

Un débat en cours est toute la question du financement de l’éducation, particulièrement l’éducation universitaire. Presque tout le monde (y compris le ministre de l’Éducation) convient du fait que les universités sont sous-financées. La question épineuse demeure « qui paie la facture » ? ? ?

Une éducation « rentable »…

Les derniers gouvernements (tant péquiste que libéral) ont choisi d’appliquer les politiques dites néo-libérales, c’est-à-dire des poli­tiques visant à« rapetisser » l’État le plus possible tout en enlevant le maximum d’entraves au soi-disant « libre-marché ». Un des as­pects importants de cette orientation est sans-contredit la baisse des impôts, ce qui a pour effet de diminuer la capacité financière de l’État pour soutenir, entre autres, les programmes sociaux et l’éducation. À grands renforts de comparaison, le ministre insiste sur l’écart « odieux » existant entre les frais de scolarité au Québec et ceux des autres provinces canadiennes et aux États-Unis, jusqu’à 4 923 $ par an en moyenne en Ontario et plus de 51 000 $US à Harvard aux USA contre 1 862 $ au Québec.

C’est à ce moment que nos « valeureux » défenseurs du libre-marché nous déposent LEURS solutions pour mieux financer les universités : introduction d’ententes avec l’entreprise privée, hausse des frais de scolarité, contrats de performance, etc. De toute façon, selon leur vision, il faut que l’éducation soit « ren­table » (pour eux, bien entendu…). En bref, l’éducation doit être au service des entreprises, et ce, tant au niveau des cours que de la recherche.

Un choix de société…

Nous ne contestons pas le fait que les frais de scolarité soient moins élevés au Québec qu’ailleurs au Canada. Cette réalité découle d’un choix collectif (de société dirions-nous) et des nombreuses et dures luttes menées principalement par le mou­vement étudiant québécois. Au lieu de « larmoyer » sur le fait que les étudiant-e-s ne paient pas des frais de scolarité assez élevés, pourquoi ne pas en faire un élément de fierté ? ? ? Ce choix pro­vient d’une préoccupation visant à rendre les études supérieures accessibles au plus grand nombre possible. D’ailleurs, certaines études démontrent très bien que les coûts élevés des études demeurent une raison fréquemment invoquée pour ne pas pour­suivre des études universitaires (plus de 40 % selon certaines).

Autre argument des tenants du dégel des frais de scolarité : les études universitaires profitent davantage aux classes les plus aisées et aux classes moyennes (du moins au Québec…). Ima­ginez si les frais étaient plus élevés… Pour nous, les coûts ratta­chés à l’éducation devraient être assumés par l’État qui, par l’intermédiaire de l’impôt, pourrait obtenir l’argent nécessaire pour soutenir adéquatement le système d’éducation. De toute façon, de manière générale, les plus riches ont obtenu des diplômes supérieurs, alors…

Quand on dit « qu’il n’y a plus d’argent »…
Permettez-nous de questionner le discours du « manque d’argent » lorsque l’on constate les surplus du gouvernement fédéral pendant qu’au Québec les libéraux visent à diminuer les impôts d’un autre milliard en plus des baisses d’impôts de plus de 15 milliards sur cinq ans déjà votées par les péquistes (pour la période 2000-2001 à 2004-2005). Rappelons qu’au Québec, le taux maximal d’imposition pour les personnes gagnant plus de 52 000 $ est passé de 33 % en 1985 à 24 % en 2001, et cela, sans compter les nombreux « abris fiscaux »…. *

Nous refusons donc toute hausse de frais de scolarité reposant sur une bête comparaison avec d’autres provinces et aussi de pays. Nous appuyons la demande des associations étudiantes sur le maintien du gel des frais de scolarité tout en étudiant la possibilité de les abolir complètement…

 

* Pour mieux comprendre cette question, lire le récent volume écrit par Brigitte Alepin Ces riches qui ne paient pas d’impôts.

 

 

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