Ciné-Paix et Prends-ça court !
Le Presse-Boutique Café était l’hôte, le 16 novembre dernier, d’une soirée de présentation de courts métrages engagés sur le thème de la militarisation et de la mondialisation. Parmi les œuvres qui ont pu être vues, différents styles cohabitaient : information brute, animation humoristique, témoignage.
Dans le domaine des animations, les clips de François Mercier ont bien fait rigoler la salle. Que ce soit dans la version rock de « l’axe du mal » de George W. Bush, avec Saddam Hussein et les leaders iranien et nord-coréen dirigés par Ben Laden et s’époumonant sur We’re not gonna take it ; ou encore. Condoleeza Rice illustrant un succès des années 1980 She’s a maniac…
Dénoncer le faux
Au premier abord, et ce n’est pas surprenant, on constate que l’Irak a servi abondamment la cause de nos satiristes en 2003-2004. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les événements plus nationaux ont été balayés sous le tapis. Par exemple, en toute fin de programme, un reportage révélateur sur l’affaire du squat Préfontaine, l’Infaux Journal, de Marie-Eve Côté, avait fait les manchettes à l’été 2002. Au fil d’une entrevue avec les anciens squatteurs, on apprend les dessous de cette histoire. On dénonce ainsi un cas de mauvaise information présenté par les médias de masse qui cachent parfois au public les véritables faits, en les transformant en un spectacle des plus sensationnels.
Côté politique canadienne, François Mercier nous dévoile les véritables intentions de Paul Martin dans un discours lisible dans les deux sens… qui dit le contraire de ce qu’il affirmait au départ lorsqu’on le lit à l’envers, de `la dernière à la première phrase ! Sans compter le fameux succès d’estime des Loco Locass avec leur hymne Libérez-nous des libéraux. Un bon essai aussi sur l’Irlande, avant 1999, par un enseignant qui a travaillé là-bas. Il nous explique son incompréhension de la situation politique de ce pays, tout en terminant sur une note d’espoir qu’un jour, le rapprochement se r fera entre catholiques et protestants. Autre touche d’humour noir avec l’animation de Simon Beaupré, la Chose verte, produite en 2003, sorte de conte moral sur l’intolérance, l’avarice et la cruauté.
Mis à part des problèmes de son d’un des courts-métrages, la soirée fut agréable. C’est une belle initiative réalisée par Ciné-Paix et Prends-ça court ! Une projection publique permet à ces essais de sortir de l’anonymat conféré par Internet, puisque plusieurs personnes peuvent les visionner simultanément sur grand écran.
À l’entrée, les spectateurs se voyaient remettre une carte postale contre le projet de bouclier antimissile, à signer et à poster à Paul Martin. Belle initiative !



