Harper et l’assurance-chômage : avancer en arrière

1 novembre 2006

Chronique : Chômage

Depuis l’arrivée des conservateurs de Stephen Harper en janvier 2006, le sort de l’assurance-chômage au Canada est très douteux. On peut difficilement espérer des gains pour nos revendica­tions historiques et légitimes. Les conservateurs, « maîtres penseurs » des réformes dévastatrices des années 1990 à 1997, n’ont toujours pas changé de discours. Pour eux, il est impensable de bonifier le régime afin de permettre à l’ensemble des chômeurs l’accès à cette importante protection sociale contre le chômage. Leur argument central sous-tend qu’un régime universel pousserait les gens à la paresse. Hé oui ! Le mythe du chômeur volontaire qui fait la belle vie en sirotant sa bière est encore bon vendeur. Il leur est beaucoup plus facile de tenir un tel discours démagogique que d’avouer que leur volonté est de donner davantage de bonbons à leurs « p’tis amis du patronat ».

Si on analyse concrètement leur argument, ils choisissent délibérément de maintenir les sans-emploi et une grande par­tie de la population active dans la misère afin de les encourager à aller travailler ou à garder leur job au salaire plus que minimum. Pour eux, nos demandes légi­times visant l’amélioration des conditions économiques des sans-emploi mettraient le pays en faillite, rien de moins. Une telle avenue forcerait les em­ployeurs à améliorer les con­ditions de travail afin d’attirer la masse des chômeurs qui se la couleraient douce. Pensez-y ! Ce serait l’enfer sur terre. Encore une fois, l’argument de la concurrence mondiale les aide à nous gaver de cette « soupane » (genre de Pablum indigeste).

Bons et mauvais

Foutaise ! Foutaise ! Et te-foutaise ! Ils ne cherchent qu’à nous endormir, à culpa­biliser et à diviser les victimes du chômage. D’un côté, les bons chômeurs sont protégés par le régime et de l’autre, les mauvais chômeurs en sont ex­clus. Pourquoi chialons-nous contre ça ? C’est pas correct ? Non ! Non ! Et re-non ! Com­ment peuvent-ils prétendre que 60 % des sans-emploi sont des mauvais chômeurs et qu’il est tout à fait normal de leur interdire l’accès aux pres­tations de chômage ? Ça ne tient pas la route puisque malgré un surplus accumulé de plus de 50 milliards de dollars, même les bons chômeurs ont perdu des couvertures depuis une quinzaine d’années.

Réfléchissons juste un peu et demandons-nous qui sont réel­lement favorisés par cette triste réalité ? Ne succombez pas à la facilité en accusant encore une fois les méchants employeurs… Pensez-y ! Prenez votre temps ! Quelques indices… les action­naires de grandes entreprises, leurs gestionnaires grassement rémunérés pour leurs plans de réduction de personnel, les caisses électorales de certains partis politiques, etc.

En conclusion, saviez-vous que, depuis leur prise de pouvoir, les seuls efforts des conserva­teurs en matière d’assurance-chômage, sont concentrés vers la meilleure façon de diminuer les cotisations des employeurs.

Ceux-ci sont tenus depuis des décennies de cotiser au régime à raison de 1,4 fois la cotisation de leurs employé-e-s. Le gou­vernement Harper songe à ré­duire leur cotisation à 1,35… 1,30… 1,25… et pourquoi pas 1 pour 1 ?

 

 

 

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