En avril 2003, les États-Unis déclenchaient la guerre en Irak. Au front, soldats et journalistes se disputent la bataille. Qui remportera la lutte de l’opinion publique ? Qui sortira vainqueur de cette propagande guerrière ? Celui qui amassera les images les plus spectaculaires et condamnables du clan adverse, réelles ou pas !
Il était une fois les États-Unis… et l’Irak
Mme Jessica Lynch, 19 ans, est une soldate états-unienne de première classe. Selon les autorités officielles, elle aurait été capturée par des soldats Irakiens lorsque son équipe d’entretien serait tombée dans une embuscade. Très vite, une équipe d’intervention aurait été envoyée mais déjà, les Irakiens auraient déplacé la victime vers un hôpital. Des coups de feu auraient été tirés vers l’équipe d’intervention et la soldate aurait été blessée de coups de couteaux et de balles à l’hôpital.
Selon le personnel médical irakien, elle aurait été admise à l’hôpital et soignée pour une fracture au bras et au fémur, ainsi qu’une dislocation de la cheville. Cependant, aucune trace de coups de couteaux et de trous de balles, seulement que des blessures qui auraient été causées par un accident de la route. On lui aurait donné les plus grands soins en la traitant comme une Irakienne. Sauvagement, l’équipe d’intervention aurait attaqué l’hôpital, munie d’armes blanches et faisant siffler des bombes autour de l’immeuble. Pourtant, les militaires irakiens avaient quitté l’endroit la veille.
Qui dit vrai ?
Tout est dans le traitement de l’information. Avec une « machine médiatique » imposante, les États-Unis tirent avantage de la situation. Les journalistes de guerre doivent s’intégrer aux militaires et jouer le jeu : porter l’uniforme, de préférence; se placer à l’avant pour de meilleures photos; venir en aide aux soldats dans les situations critiques; surtout ne jamais avouer que les soldats sont des combattants car ils sont des « bâtisseurs de pays ». Lorsque les militaires sont insatisfaits du travail journalistique, ils tournent leurs propres séquences illustrant leur complicité avec certains Irakiens. Plus, quand un-e journaliste pose des questions trop « dérangeantes et insistantes » pour l’armée, on ne lui permet même plus de poser des questions lors des conférences de presse !
Étude de terrain
Au-delà des journalistes qui puisent directement leur information auprès des autorités officiel les, il y a des journalistes indépendants qui, devant le phénomène de l’insurrection, font provision d’ images chocs et tentent de se faufiler entre les troupes ennemies souvent au prix de leur vie. Par définition, la guerre est une « lutte armée entre groupes sociaux, entre États, considérée comme un phénomène social ». Jamais il n’est question de propagande médiatique. Il est temps que les États du monde tracent une frontière entre la presse et l’armée et se soucient davantage du massacre des populations civiles.
Source : Documentaire Propagande guerrière, canal télévisé RDI, émission Les grands reportages. 31 mars 2004



