La Chaudronnée est un service alimentaire pour les jeunes assisté-e-s sociaux et sociales de moins de trente ans. Elle vise à assurer au moins un repas par jour à ces jeunes dont le revenu assuré de 171 $ par mois est insuffisant pour « exister » en bonne santé. Cette partie de notre service est très connue depuis maintenant trois ans qu’on existe comme soupe populaire à Sher­brooke. Mais ce qu’est appelé à devenir la Chaudronnée c’est, de plus en plus, un lieu de regroupe­ment et d’entraide.

Un besoin face à la discrimination

Les jeunes de moins de trente ans souffrent d’une discrimina­tion dans l’aide sociale qui res­treint leur prestation à 171 $ par mois alors que les plus vieux $. Cette prestation est nette­ment insuffisante pour permettre de se loger et de se nourrir. Notre pays n’étant pas un pays chaud, les jeunes se voient obligés de se priver de manger pour se loger. Une situation intenable qui pousse la jeunesse vers la misère la plus déprimante. C’est pour pallier à cette situation qu’en no­vembre 1982, la Chaudronnée voyait le jour. Initiée par des groupes sociaux, des groupes de sans-emploi, des communautés religieuses, etc…, la Chaudron­née voyait le jour et demandait au gouvernement québécois de don­ner la parité aux jeunes assisté-e­s sociaux et sociales. En atten­dant des groupes du milieu pre­naient leurs responsabilités face à l’irresponsabilité gouvernemen­tale en assurant un repas par jour à des jeunes de Sherbrooke.

À qui profite la misère des jeunes

Avec 171 $ par mois on ne peut tout simplement pas vivre, avec 450 $ on peut manger et se loger. C’est pourquoi le gouver­nement québécois, en offrant la parité à ceux qui participent à ces programmes de « cheap labour » pouvait s’assurer une clientèle de jeunes assisté-e-s sociaux et so­ciales. Une clientèle pour du tra­vail sous-payé, sans conditions minimales de travail. Le salaire minimum est à 4 $ de l’heure, les jeunes sur ces projets en gagnent 1,50 $ en moyenne, n’ont pas accès aux prestations sociales telles l’assurance chômage et ont pour toute sécurité liée à leur em­ploi, celle de toucher 171 $ par mois après leur projet. Des compagnies privées, des services gouvernementaux, des CLSC, des commissions scolaires, des municipalités, etc., tous sans au­cun remords visibles, se sont em­pressés d’en profiter. C’est pour­quoi le parti libéral se fait aujour­d’hui tirer la langue pour ne pas tenir sa promesse d’accorder la parité dans l’aide sociale. Il lui faudrait mieux rémunérer les jeunes. C’est pourquoi la Chau­dronnée doit rester.

La Chaudronnée en action

La Chaudronnée est comme une poule qui produit son ‘œuf par jour. L’œuf de la Chaudronnée, c’est le repas. Mais pour ce faire, nous devons recueillir les lé­gumes de certains marchands, le lait, le pain et les restants de buf­fet. Nous avons une auto qui se promène pour recueillir les dons. Chaque matin des jeunes sont à l’œuvre pour préparer la nourri­ture du midi. Ce travail c’est ce­lui de 8 jeunes bénévoles sur des travaux communautaires.

Tous les appuis sont nécessaires

Depuis maintenant deux mois nous recueillons, en collabora­tion avec Éco-Ressources, du pa­pier chaque semaine aux Galeries Quatre-Saisons ou au centre d’a­chats Belvédère. Les profits de la vente de ce papier sont versés à la Chaudronnée. Nous vous invi­tons à nous apporter votre papier.

Nous avons aussi lancé une campagne de financement et cha­que sou est important. Vous pou­vez envoyer votre contribution à notre casier postal, il nous fera plaisir de vous émettre un reçu pour fin d’impôt.

Quelques dates

La Chaudronnée a connu des périodes difficiles. Le 6 janvier 85, une assemblée générale spé­ciale battait la proposition du C.A., à l’effet de fermer la Chau­dronnée. L’assemblée spéciale des membres considérait que ce service était toujours indispen­sable aux jeunes de Sherbrooke. Nous devons attendre l’assem­blée générale d’avril 85 avant qu’une nouvelle équipe qui vou­lait voir la Chaudronnée conti­nuer, prenne la place. En sep­tembre, nous commencions des démarches pour changer de local, afin de baisser les coûts. Le 9 octobre, suite au refus du minis­tère des Affaires sociales ainsi que de la direction générale de l’édu­cation des adultes de renouveler leurs subventions, une assemblée spéciale suspendait nos activités. Le 3 février dernier, nous avons réouvert notre service au 380 Brooks avec des installations plus modestes. Nous allons continuer aussi longtemps que l’on n’accordera pas la parité aux jeunes assisté-e-s sociaux et so­ciales de moins de trente ans.

Il reste beaucoup à faire à la Chaudronnée. Nous avons des projets pour que la Chaudronnée devienne un lieu de regroupe­ment et d’entraide. Nous voulons mettre sur pied un café-rencontre, repartir l’« opération jobbine » (au salaire minimum), tout ce qu’il faudra pour que la Chaudronnée soit la Chaudron­née des jeunes.

Mario Mercier
pour La Chaudronnée

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon