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Causes et effets

Lorsqu’une personne allophone s’installe à Sherbrooke ou ailleurs au Québec, elle doit commencer par apprendre les bases de la langue française afin de pouvoir se débrouiller seule éventuellement et s’intégrer à son nouvel environnement, et ce, dans toutes les dimensions de la vie quotidienne, soit sur le plan social, économique, culturel et politique.

L’intégration réussie du nouvel arrivant passe par la francisation, donc, comme société, on n’a pas d’autre choix que de lui offrir la possibilité de débuter ses leçons de français rapidement après son arrivée, et ce, afin qu’il devienne un citoyen autonome, capable de communiquer par lui-même ses propres besoins et de comprendre ce que les gens de différents milieux veulent lui dire.

Que l’on pense à tous les gestes qu’on doit faire à tous les jours, par exemple, communiquer avec le personnel de l’école pour soi-même ou pour ses enfants, avec les employés du domaine de la santé (secrétaires, infirmières, mé­decins, travailleurs sociaux, psy­chologues, etc.) pour régler des problèmes liés à sa propre santé physique ou mentale ou à celle des siens, avec le personnel des épiceries, du transport, de la justice, des caisses populaires ou des banques, et bien d’autres, un nouvel arrivant doit être en mesure de comprendre et de se faire comprendre s’il veut sentir sa place dans son nouveau « chez soi »

À Sherbrooke, la francisation des nouveaux arrivants allophones s’est détériorée depuis la fin de 2003, car les délais pour débuter les cours de francisation offerts par le Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigra­tion (MRCI) se sont rallongés, pour passer de deux à quatre, cinq et même six mois d’attente. Cette situation engendre une série d’effets néfastes pour les nouveaux arrivants, par exemple : le sentiment d’inutilité, car ils se demandent pourquoi le gouver­nement les fait venir au Québec et ensuite, ils doivent attendre longtemps avant de commencer leur francisation. Après les pre­mières semaines de « vacances forcées », ils commencent à tourner en rond dans leur appartement, dans leur quartier, puisqu’ils sont pris dans un cercle vicieux : pas de français, pas de travail, pas d’im­plication sociale possible.

Invertion du rôle parental

De plus, les parents allophones doivent composer avec l’inversement des rôles parentaux : leurs enfants se débrouillant plus vite en français, ils doivent souvent agir à titre d’interprète pour leurs parents dans plusieurs situations où les institutions, organismes ou cliniques de santé privées ne paient pas des interprètes pour offrir un service à la clientèle immigrante. D’autres effets sont aussi présents chez plusieurs nouveaux arrivants, tels l’ennui, le stress relié au pro­cessus migratoire, la dépression, le sentiment de dévalorisation, l’agressivité, le négativisme, le manque de confiance en soi, bref, des problèmes de santé physique et mentale qui peuvent avoir des conséquences lourdes pour la so­ciété en général. Enfin, plus on retarde la francisation de nouveaux arrivants, plus on retarde son in­tégration économique, c’est-à-dire son entrée sur le marché du travail, car à Sherbrooke comme dans bien d’autres villes au Québec, si on ne maîtrise pas le français, on n’a pas beaucoup de chance de décrocher un emploi, et ce, sans parler d’autres obstacles qui rendent difficile leur intégration au marché du travail…

 

 

Par Mercedes Orellana • Service d’aide aux Néo-Canadiens

 

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